Le blog, Mots à tout va, Nos écrits

Le marchand de glaces

Tous les matins, je croisais le marchand de glaces sur le trajet de l’école.

Tous les matins, je me demandais pourquoi il était là si tôt sachant qu’il ne ferait tinter sa petite mélodie qu’à 16 heures pour accompagner la sortie des élèves.

Tous les matins, j’imaginais qu’il préparait ses glaces et que ça devait prendre beaucoup de temps de les peindre en rose bonbon, rouge sang, blanc crème, brun foncé, jaune soleil.

Tous les matins, je me demandais si le marchand peignait ses glaces à la gouache, à l’aquarelle ou, peut-être, les coloriait-il avec des feutres ?

Texte et collage de Frédérique. Texte écrit lors d’un atelier d’écriture le samedi 4 mars 2023 sur une proposition d’écriture de Mélissa.

Frédérique est animatrice d’ateliers d’écriture et a créé F et M, écriture créative avec Mélissa Cadarsi. Elle pratique également le collage et vous transmettait sur notre blog sa recette pour agiter les mots et votre créativité.

Agitatrices de mots et de créativité, Frédérique et Mélissa animent des ateliers d’écriture créative depuis plusieurs années sur leur île, à La Réunion, et en ligne.

Vous pouvez suivre Frédérique sur sa page Facebook et sur les chemins de l’offre d’ateliers d’écriture créative en ligne ou en présentiel de F et M.

Pour retrouver F et M, écriture créative sur les réseaux sociaux : * Notre page Facebook – Pour nous contacter : contact@fetm-ecriturecreative.fr

📷 Frédérique Guillaumat, F et M écriture créative

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Recette pour agiter les mots et votre créativité

Recette testée et approuvée par Rahan !

Ingrédients

  • Deux ou trois vieux magazines – ici « L’essentiel de la Science » de décembre 2017 / janvier 2018 et « Pif Gadget » de septembre 2004
  • Un vieux livre aux pages jaunies, de préférence trouvé dans une boîte à livres – ici « Le parapluie du Maharadjah » d’E. Jouannon – Illustrations A. Galland – Paris Librairie Gedalge – 75 rue des Saints-Pères (non daté) découvert dans la boîte à livres du Jardin de l’Etat à Saint-Denis, La Réunion.
  • Votre paire de ciseaux préférés – ici des ciseaux mauves que j’adore !
  • Un bâton de colle de votre marque préférée… ou pas !
  • Un tampon encreur de la couleur de votre choix.

Recette

  • Prévoir une pause créative d’environ une heure un dimanche en fin d’après-midi*, un jeudi soir ou un matin dès l’aube. * Et si vous préférez faire autre chose, Frédérique anime régulièrement des ateliers d’écriture en ligne le dimanche en fin d’après-midi.
  • Veiller à ne surtout pas avoir d’objectifs, de critères de résultat en commençant votre création. Faites confiance avant tout à votre inspiration et amusez-vous à voir là où elle vous mènera.
  • Choisir une page du vieux livre, de préférence illustrée – mais ça fonctionne aussi sans illustration.
  • Déchirer délicatement la page choisie en parlant au livre pour lui expliquer qu’on est en train de lui faire un cadeau : lui offrir une deuxième vie.
  • Se laisser inspirer par l’illustration et / ou les mots. Si on n’a pas lu le livre, c’est encore mieux ! Si on l’a lu, on peut décider d’oublier l’histoire ou de s’en inspirer.
  • Feuilleter les articles des magazines. Ouvrir grand sa créativité et son imagination !
  • Découper des mots ou des phrases dans au moins deux magazines et les assembler au gré de son inspiration spontanément sans se poser trop de questions !
  • Tamponner les mots découpés avec le tampon encreur. Une variante de cette recette indique qu’on peut également tamponner légèrement la page du livre.
  • Disposer les mots sur la page et les coller.
  • Aller nettoyer ses doigts plein de colle.
  • Passer le tampon encreur sur le contour de la page.
  • Enfin, prendre le temps de contempler sa création. La prendre en photo pour la partager sur les réseaux sociaux.
  • Conserver son oeuvre pour soi ou la glisser dans une enveloppe pour l’envoyer à un ami créatif… ou non !
  • Recommencer la recette autant de fois qu’on en a envie !

Frédérique est animatrice d’ateliers d’écriture et a créé F et M, écriture créative avec Mélissa Cadarsi.

Agitatrices de mots et de créativité, elles animent des ateliers d’écriture créative depuis plusieurs années sur leur île, à La Réunion, et en ligne.

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📷 Frédérique Guillaumat, F et M écriture créative

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Elle était là. Sans être là.

Elle était là. Sans être là. C’était toujours ainsi depuis qu’elle lisait. Mais aujourd’hui, c’était encore un peu plus le cas. Elle renouait. Enfin. Après des années de doigts glacés sur un écran lisse et sans vie, elle retrouvait le toucher du papier. Jaunies, tachées, écornées parfois déchirées, les pages du livre étaient en vie souffrant parfois de trop de mots, s’épuisant parfois de répétitions… mais en vie ! Ce matin, elle avait descendu du grenier sa PAL, comme elle lisait sur les écrans de blog littéraires.

A l’heure précise où la pendule sonna 8 heures, elle commença la lecture du premier livre, en haut de la pile, qui patientait sagement depuis si longtemps. Elle avait cru défaillir de plaisir en caressant la couverture un peu rugueuse, puis s’évanouir en humant les pages, surtout celles du milieu, celles qui conservent précieusement ce parfum de vieux qui raconte tant d’histoires sur les lectrices et lecteurs qui nous ont précédés. Le thé à la rose, en équilibre sur le fauteuil du salon où elle s’était installée face à la fenêtre donnant sur la cour, l’endroit le plus calme de la maison… le thé à la rose l’avait réconfortée au fil des pages, comme une potion magique à gérer ses émotions. Elle avait commencé à lire lentement assise bien droite puis, sans chercher à comprendre pourquoi, son corps s’était penché vers l’avant comme pour mieux plonger dans ce roman tumulteux d’océans, de baleines et de tempêtes.

Plus elle plongeait, plus elle lisait vite. Plus elle penchait vers l’avant, plus elle avalait les mots oubliant presque de respirer. Elle fut distraite trois fois de cette apnée : par la tasse qui tomba sur le tapis mais qu’elle prit soin de ramasser, par le miaulement du chat enfermé dans la cuisine qu’elle ne prit pas la peine de délivrer et, enfin, par la pendule qui sonna midi. Les douze coups se bousculèrent dans son crâne.

Les douze coups de midi.

Déjà quatre heures qu’elle était plongée dans cette lecture profonde. Midi ! Mon Dieu, comment avait-elle pu l’oublier ? Enfoncée dans son fauteuil, comme elle l’était au milieu de toutes ces lignes, elle s’extirpa douloureusement de ce nid douillet qu’elle avait construit. Les jambes engourdies par ces heures d’immobilité, elle buta dans sa PAL, déposée au pied de son fauteuil. La pile, tel un château de cartes s’effondra. En une fraction de seconde, elle retrouva tous ces chers auteurs, ces chères histoires éparpillées sur le tapis. Un petit bout d’elle dans une joyeuse mêlée. Mais il fallait agir.

Voilà maintenant quatre heures que son chat miaulait derrière la porte de la cuisine et l’animal, son si cher compagnon, devait avoir mis une jolie pagaille au milieu de la pièce. Debout, elle sentit vite comme un déchirement. Ces douze coups de la pendule l’avaient brusquement sortie de ce paysage marin, de cet air iodé qu’elle aimait tant, de ces compagnons de voyage. Elle y avait plongé avec un tel délice qu’elle ressentait presque sur ses lèvres le goût de sel.

Pourquoi donc avait-elle tant attendu pour renouer avec ce bonheur ? Pourquoi s’empêche-t-on si souvent de se faire du bien ? Un miaulement, plus fort cette fois, la sortit de ce nouvel épisode de rêverie. Il n’était plus question de baleines, mais de son chat ! Elle traversa le salon jusqu’à la porte de la cuisine. L’esprit étourdi. Le cœur battant la chamade.

La porte à peine entrouverte, le défilé commença : La Reine en tête suivie du chat à l’éternel sourire, du lapin blanc, du chapelier fou… Alice, le cœur battant toujours la chamade, s’évanouit pour de bon vers le Pays des Merveilles.

Gaëlle et Frédérique.

Gaëlle Arrieus Lanier et Frédérique Guillaumat ont écrit ce texte à quatre mains lors de la formation « Ecriture collective » d’Aleph Ecriture en 2022. Toutes les deux aiment plus que tout tisser des liens entre les mots, les inspirations, l’Ain et La Réunion où elles vivent respectivement.

Cécile Haegelin, illustratrice et animatrice d’ateliers d’expression plastique, nous a fait le plaisir et l’honneur d’illustrer notre texte. Vous pouvez la retrouver sur la page Facebook et le site internet de Papier Crayon.

Gaëlle est animatrice d’ateliers d’écriture et biographe. Retrouvez-là sur sa page Facebook L’atelier du Porte-Plume.

Frédérique est animatrice d’ateliers d’écriture et a créé F et M, écriture créative avec Mélissa Cadarsi. Vous pouvez la suivre sur sa page Facebook et sur les chemins de l’offre d’ateliers d’écriture créative en ligne ou en présentiel de F et M.

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📷 Photo : Cécile Haegelin, illustratrice.

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Retour à Aubagne

Chère Frédérique,

Voilà dix jours que je suis arrivée à Aubagne pour ce séjour dont je t’avais tant parlé… Une quinzaine dans une boulangerie de la ville du petit Marcel.

Rien ne passe comme prévu. Ici, pas de félin à quatre pattes (ni Pomponette, ni aucune autre) qui recevrait mes caresses pendant que les effluves doux de la pâtisserie chatouillerait les narines au milieu de l’après-midi !

On se lève à quatre heures du matin. Enfin, moi, car le boulanger, lui, a déjà mis le levain à travailler. La matinée passe, entre pétrissage, vaisselle et balayage. La farine s’insinue partout, tout le temps. J’ai l’impression de devenir folle à en faire de petits tas à aspirer. Et à en respirer en continu. Je commence à me demander si j’aimerais encore le pain.

Quant à la femme du boulanger, je serais plutôt contente qu’elle fiche le camp avec un colporteur tant sa voix aigrelette me tape sur les nerfs.

Seule satisfaction de ce séjour, le petit bout de garrigue qui me fait signe quand je me mets sur la pointe des pied pour voir le paysage depuis le velux de ma petite chambre. Et si je tends bien l’oreille, les cigales de Lili chantonnent pour moi

Bien à toi, Mélissa

Mélissa a écrit ce texte pendant le deuxième atelier de son cycle « Les 5 sens, sens dessus-dessous », animé en présentiel dans une médiathèque à La Réunion, pour répondre à la proposition d’écrire une carte postale sensorielle.

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Le galet

Le soleil rasait la mer calme. Assis sur la dune, l’homme regardait les éclats de lumière qui tanguaient doucement.

Le temps se rafraichissait peu à peu, mais il ne devait pas tarder trouver un abri. Il marchait depuis l’aube. Son outre d’eau était à moitié vide. L’étendue salée devant lui, tordait son ventre d’envie. Sa bouche était sèche mais il ne pouvait se permettre de boire encore. Quelques jours plus tôt, il avait terminé son eau avant d’en avoir trouvé de nouveau. Il avait souffert une journée sans boire. Une journée sans même voir un arbre, un brin d’herbe. Et bien sûr, pas un ruisseau, ni une mare. Même les bêtes s’étaient faites rares.

Alors que les derniers rayons dressaient leurs lignes claires, il se leva et marcha. Il était à découvert et n’avait peur ni des loups ni des autres hommes, il pouvait les voir venir à des kilomètres. Sous ses pieds, au travers de ses vieilles semelles, même les grains de sable lui étaient pénibles, frottant la plante rendue sensible par des mois de course. Les pierres pénétraient presque sa chair. Quand il prenait le temps de se laver, il voyait cette peau racornie, bleue par endroits et blessée. Il y avait si longtemps… qu’il n’avait pas vu d’autre pied, d’autre homme, d’autre femme. Il se souvenait à peine de ce qu’était une peau saine, une peau douce, une peau amoureuse. Il savait juste ce qu’était la survie.

Il était à bout de force, sur le point de se coucher à même le sol, même sans abri quand son pied heurta un galet. Un galet de la taille de sa main. Il le saisit. Il était lisse et froid. Et lourd. Il s’aperçut, à la clarté de la lune que sur la surface blanche étaient écrits quelques mots d’une écriture maladroite, peinte. Il savait encore lire, même s’il n’était pas sûr de pouvoir encore parler. En les déchiffrant, son cœur se brisa, ramenant des souvenirs trop vifs et l’homme tomba, mort de chagrin.

pluie intermittente
dans le hamac abandonné
une odeur de pin

Angèle Lux

Mélissa a écrit ce texte pendant le troisième atelier de son cycle « Les 5 sens, sens dessus-dessous ». La proposition invitait à imaginer comment un personnage trouvait un galet sur lequel était inscrit le haïku cité à la fin du texte. Ce haïku est extrait d’une sélection sur le site de l’association française du haïku à retrouver en cliquant ici .

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Feuille de papier toilettes, ticket de caisse ou marque-page ?

Et vous, que glissez-vous entre les pages de vos livres pour ponctuer vos lectures ? Une feuille de papier toilettes 😉 (ça m’arrive…), un joli marque-page, le ticket de caisse des dernières courses 🛒 ? N’hésitez pas à nous en parler en commentaire de cet article !

Roman historique ou d’amour, polar, BD, le dernier Picsou Magazine ou livre de cuisine japonaise, quel plaisir de glisser un marque-page entre les pages d’un livre ! Pour retrouver l’histoire au moment précis où on l’a quittée, retrouver sa recette préférée… ou tout simplement ne pas laisser son livre seul en attendant de s’y plonger à nouveau.

Récemment j’ai mêlé le travail à l’agréable – comme très souvent – et, munie de papier, de ciseaux et d’un pot de colle, j’ai créé les marque-pages de la photo pour les offrir aux participants du club de lecture que j’anime chaque mois dans une bibliothèque de La Réunion – où je vis.

Sur chaque marque-page, un extrait de deux livres coups de coeur : « Les Huit Montagnes » de Paolo Cognetti (Stock – 2017) et « Une anglaise à bicyclette » de Didier Decoin (Stock – 2011).

J’aime offrir et recevoir des cadeaux qui sentent bon la créativité, le temps qu’on y a consacré et la colle fraîche. Je vous parlai récemment ici du merveilleux cadeau offert par une amie précieuse.

Et puisqu’on parle cadeau, savez-vous que vous pouvez jouer jusqu’au 6 octobre 2022 pour gagner votre place dans les trois ateliers du prochain cycle d’ateliers d’écriture que j’aurai le plaisir d’animer en octobre, novembre et décembre 2022 ? Un cadeau d’une valeur de 55 € et je vous dis tout par ici.

Frédérique Guillaumat, heureuse co-fondatrice avec Mélissa Cadarsi, de F et M, écriture créative.

Merci de m’avoir lue. Je vous invite à me suivre sur les chemins de notre offre d’ateliers d’écriture créative en ligne ou en présentiel.

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📷 Photo : Frédérique Guillaumat

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Il y a des cadeaux

Il y a des cadeaux faits de patience

Des cadeaux à la saveur de la créativité

Des cadeaux au goût du temps passé

Des cadeaux qui nous touchent droit au coeur

Des cadeaux à la senteur du papier jauni et de la colle

Des cadeaux qui coûtent si peu mais comptent tant

Des cadeaux dans lesquels les amitiés éternelles aiment à se glisser entre chaque page

Des cadeaux qui nous laissent sans voix

Des cadeaux que l’on conservera précieusement… toujours

Des cadeaux précieux tout simplement.

Merci à Géraldine, amie précieuse, pour son cadeau.

Frédérique Guillaumat, heureuse co-fondatrice avec Mélissa Cadarsi, de F et M, écriture créative.

Merci de m’avoir lue. Je vous invite à me suivre sur les chemins de notre offre d’ateliers d’écriture créative en ligne ou en présentiel.

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📷 Photo : Frédérique Guillaumat

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Roupette et chapeaux

Cher Jean-Eudes,

Si tu trouves cette lettre, c’est que le notaire t’a trouvé. Je n’ai pas eu envie de la lui confier. Il s’occupe déjà de toute ma vie, de ma maigre fortune à prix d’or, alors cette lettre-là… ni timbre postal, ni taxe fiscale, tu la trouves ou elle ne sera jamais lue.

Je ne sais pas trop ce qui m’a emporté. Si c’est ma chute, une infection quelconque ou l’ennui mortel à la maison de vieux où on m’a mis ensuite. J’ai préféré régler toutes mes affaires avant. Quand je suis tombé ce jour-là… les pompiers étaient en route, je me suis douté que je ne reviendrai plus.

J’espère que tu as pensé trouver une lettre d’amour en voyant le cœur rouge. Comme tu te doutes, on en est loin ! J’avais le choix entre te léguer mes petites affaires et cette maison qui tombe en miettes ou la filer à l’Etat ou je ne sais quelle bonne œuvre qui s’en met plein les poches. Alors, j’ai choisi, et j’ai pensé au paquet d’emmerdes que je te laisserai avec. Et je me suis dit : ça lui fera les pieds à ce petit malotru ! Ah, tu faisais le malin quand t’étais petit, à mettre du Ching-gum dans mes chaussures… Ben voilà… T’es coincé avec mon home sweet home de traviole les escaliers qui grincent et mon mobilier vintage ! Tu trouveras au rez-de chaussé une superbe table branlante au plateau mangé par les mites. Quatre chaises aux sièges bien rêches. Un vieux fauteuil garni avec mes pets et d’autres petites merveilles dont même Emmaüs refusera de te débarrasser.

Quant à l’étage… dis-toi bien que l’émission « C’est du propre » a refusé ma candidature… alors, t’as qu’à y aller pour voir ! Et t’avise pas de tout faire cramer pour toucher l’assurance. J’ai laissé deux ou trois bonbonnes de gaz ici et là. Si tu allumes la moindre roupette c’est le village qui saute !

Bien à toi mon Jean-Eude, salue pas ta mère… On sait tous qu’elle a fait mon fiston cocu autant que la reine d’Angleterre a de chapeaux !

Pépé

Mélissa a écrit cette lettre en réponse à une proposition d’écriture de Frédérique lors de son atelier « Explorer », en août 2022. Dans la proposition, une image montrait une enveloppe (avec un cœur donc) abandonnée dans l’entrée d’une maison ouverte au pied d’un escalier…

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Oignons verts et mariage

Sur les chemins de la vie, le mariage.

Le mariage et son bouquet que la mariée jette aux invitées.

Certaines se précipitent pour le récupérer et, comme le veut la tradition, se marier dans l’année.

Certaines cachent leurs mains derrière leur dos pour ne pas céder à la tentation.

Certaines sont déjà loin, près du buffet une coupe de champagne à la main.

Le mariage dont on rêve ou pas.

Le mariage que l’on fait ou pas.

Le mariage qu’on prépare pendant des mois ou pas.

Le mariage pour lequel on s’endette ou pas.

Le mariage auquel on sera témoin ou pas.

Le mariage ou les mariages de sa vie, ou pas.

Et ce couple de mariés en sucre qui trône sur la pièce montée et qui fondra instantanément dans la bouche d’un enfant sage tout à l’heure.

Ou ce couple de mariés en plastique qui trône sur cette autre pièce montée. Ils ont opté pour le plastique parce qu’ils ont trop souvent entendu dire « Allez jouer sous la pluie les enfants, vous n’êtes pas en sucre ! ». Ce couple plastifié qui trônera ensuite pendant des années sur le buffet de la salle à manger et déteindra au fil du temps.

Je me suis mariée un jour de mai, dans une autre vie. Je portai un tailleur pantalon rouge et monsieur le maire cherchait une mariée vêtue d’une robe blanche parmi les invités.

Je me suis mariée un jour de mai, dans une autre vie. Et j’ai repensé à ce jour-là récemment en prenant une photo des fleurs d’oignons verts semés dans mon jardin. J’ai trouvé qu’elles ressemblaient à un bouquet de mariée !

Allez savoir pourquoi !

Les chemins de la vie et de l’écriture créative sont parfois impénétrables.

Frédérique Guillaumat, heureuse co-fondatrice avec Mélissa Cadarsi, de F et M, écriture créative.

Merci de m’avoir suivie jusqu’ici et d’avoir lu mes élucubrations teintées de fleurs d’oignons verts. Si vous avez envie de continuer la balade, suivez-moi sur les chemins de notre offre d’ateliers d’écriture créative en ligne ou en présentiel.

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📷 Photo : Frédérique Guillaumat dans son jardin à La Réunion.

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Explorer

Poème collectif écrit pendant un atelier d’écriture créative

Explorer un fjord en été puis un grain de sable délavé.

Explorer l’immensité des étoiles, allongée dans l’herbe glacée puis les étincelles dans les yeux des enfants avides d’astronomie et de mythes anciens.

Explorer l’immensité du ciel puis la fourmi très occupée à transporter un morceau d’herbe jaunie.

Explorer les steppes lointaines puis le petit trèfle à quatre feuilles qui me sourit au jardin.

Explorer un dictionnaire très épais puis la signification du mot joie.

Explorer l’insondable amour pour son enfant, né en même temps que lui puis chaque seconde de la vie passée à ses côtés.

Explorer l’horizon en bord de mer puis une minuscule étoile de mer gisant dans un trou d’eau.

Explorer le champ des possibles puis le pépin lisse et doux de cette orange péi.

Explorer un séquoia géant puis la petite parcelle de mousse sous le caillou vibrant.

Explorer la beauté du monde puis dessiner du bout du doigt les motifs d’un pétale d’orchidée.

Explorer la cime du cyprès ondulant puis une goutte de rosée déposée sur une herbe folle.

Explorer le musée du Louvre une nuit de clair de Lune puis l’iris de l’œil de Mona Lisa.

Explorer le bout du monde puis les recoins oubliés de son cœur.

Carole, Danielle, Mélissa et Frédérique.

Poème écrit, ensemble, lors de l’atelier d’écriture créative F et M « Eplorer » animé par Frédérique en août 2022.

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Frédérique Guillaumat, co-fondatrice avec Mélissa Cadarsi, de F et M, écriture créative.

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📷 Photo libre de droits @Pixabay.