Il baillait à qui mieux mieux, tendant sa longue langue molle de temps à autre pour gober une mouche.
Un insecte cependant se rebelle :
« – Diable, sieur crapaud, je veux bien mourir comme le veut mon destin au fond de votre estomac, mais ne pourriez-vous pas m’offrir en dernier hommage une maillure odeur ?
– Qu’est-ce qu’elle dit celle-là ? A t-on jamais vu un mouche parler ?
– Ainsi, vous pensiez que votre repas n’avait pas d’âme ? Il est vrai qu’à se poser sur votre fétide organe humide, nombreuses doivent être celles qui s’évanouissent derechef !
– Eh ben dis donc, elle m’insulte en plus !
– Plutôt que de vous vexer pour si peu, tenez, sieur, prenez un de ces jolis bonbons. On les appelle Bétises de Cambrai. Il fera votre plaisir et diminuera mon dépit. »
Incapable de refuser un cadeau, le crapaud s’en saisit. Il ramène dans sa gueule la pastille et ferme son cloaque. Il commence a suçoter. La pastille s’accroche à sa langue, à ses joues, elle lui saisit le fond du gosier. Il se contorsionne, frémit quand la menthe se libère. Ses yeux globuleux enflent entre surprise et délice. Il se tord se renverse pour mieux profiter du moment.
La mouche pendant ce temps s’envole, le regarde d’en haut et tapote sa besace à bonbons.
Encore un bon couillon qui se fait avoir à son astuce : la bêtise n’est pas toujours l’apanage du plus faible !
Mélissa Cadarsi partage avec vous la fable écrite pendant l’atelier Palabres en plein air « Boite(s) » du 14 décembre 2024. Envie vous aussi de raconter des billevesées animalières (ou pas ?). Prochain atelier le 14 janvier à 15h en présentiel à Saint-Denis, au tarif de 10 €. Inscriptions par e-mail uniquement: melissa.cadarsi@gmail.com.
✒️ Agitatrices de mots et de créativité, Frédérique et Mélissa animent des ateliers d’écriture créative depuis plusieurs années sur leur île, à La Réunion, et en ligne. N’hésitez pas à les rejoindre sur leur groupe privé Facebook L’Instant Plume pour retrouver leurs propositions créatives et y participer.
Il m’a encore interpellé ce matin. C’est la troisième fois en dix jours. Je n’ai aucune idée, moi, de qui écrit ses lettres et comment elle arrive dans sa boîte aux lettres. Enfin, cette lettre, car si je comprends bien ces propos qui commencent à être un poil délirants, ce serait toujours la même lettre.
Il m’a d’abord fait signe calmement, un samedi matin. Il passait la tondeuse quand il m’a vu, et poliment, il m’a demandé quoi faire de cette vieille enveloppe.
“ — Je l’ai trouvée dans ma boîte aux lettres. C’est assez bizarre car elle est adressée à Georges, qui était le prénom de mon père. Je l’ai ouverte, au cas où, mais c’est une lettre manuscrite. C’est clairement une erreur. Je vous la rends ? “
Je lui expliquais alors, en regardant l’enveloppe qu’il s’agissait là d’un courrier ancien, “Si, regardez, elle est tamponnée à la main, il y a bien 50 ans qu’on ne procède plus ainsi, même chez nous !”. Je ne savais pas ce qu’il pouvait en faire, mais en tous cas, je ne pouvais pas la reprendre, cela allait même contre la loi : en tant que facteur, nous ne sommes autorisés à reprendre des courriers ouverts.
Il a souri, un peu taquin. Je voyais bien qu’il trouvait cela amusant. Mais pour moi, rien d’amusant, mon travail en dépend. Alors, il l’a glissée dans sa poche.
Trois jours plus tard, il m’a à nouveau sollicité :
“ — Je ne comprends pas, vous avez à nouveau mis une enveloppe ancienne similaire dans la boîte à lettres.”
A mon air étonné, il me sortit l’enveloppe, indemne cette fois. Non ouverte, elle portait le même adressage avec la même écriture manuscrite, un peu désuète, à la plume à encre même. Elle était impeccable, pas pliée, pas déchirée.
“ — Monsieur, c’est exactement le même courrier ! Qu’avez-vous fait de l’autre ? C’est une mauvaise blague ? “
Son regard me confirma le contraire. Cette fois, devant moi, il déchira l’enveloppe et en glissa les cinq ou six morceaux dans la poubelle à proximité.
Ce matin, pour la troisième, mais cette fois-ci excédé, il vint vers moi :
“ — Cela suffit maintenant ! Ma mère, qui est de passage chez nous, est tombée sur l’enveloppe que ma femme avait posée sur la table : à nouveau exactement la même, avec cette écriture fine. Elle s’est effondrée en larmes. Je veux des explications !
— Monsieur, je n’ai aucune explication à vous donner, mais je suis certain que dès la première fois, vous avez lu le courrier, au moins les premières lignes, non ? Alors, qu’est-ce qu’il révèle qui tient tant à vous parvenir ? Ou qu’est-ce que vous aimeriez tellement refermer dans une enveloppe scellée pour toujours ? On a un dicton chez les facteurs : on ne reçoit que le courrier qu’on mérite ! ”
Mélissa Cadarsi s’est récemment inscrite au cours en ligne « Initiation à l’écriture d’histoires d’horreur », un cours de María Fernanda Ampuero , Écrivaine, sur la plateforme Domestika, parce qu’elle ne recule devant rien pour vous proposer des ateliers toujours plus intenses ! Elle partage ici un des textes issus de l’atelier. A bientôt pour de nouveaux frissons.
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Aujourd’hui, c’est le pas feutré de la directrice. Un rien m’emporte à nouveau là-bas. Le sifflement de la bouilloire, le goutte à goutte du robinet du lavabo, le tic-tac de la pendule.
Surgit alors l’odeur du bois, rassurante. Le chêne vivant de l’escalier murmurant ou criant à chaque marche selon qu’on le monte en catimini ou qu’on le dégringole.
Dès leur entrée par effraction dans la maison, je m’étais tapie dans la cache sous l’escalier obéissant instinctivement au dernier conseil de notre cher absent. Se cacher dès qu’ils reviendront sans me préoccuper de ma mère et de mon frère.
Escalier de bois Sa cachette secrète Vite ! à l’abri.
Puis résonnent à nouveau leurs pas sur le carrelage noir et blanc de l’entrée. Le gémissement de la porte du couloir quand on l’ouvre sans précaution et les protestations de maman.
Jamais la maison n’a été si bruyante. Du claquement des portes des placards de la cuisine au ballet bien réglé des percussions quand se fracassent sur le sol, pêle-mêle, assiettes, verres, bols, tasses, soucoupes, saladier, soupière, pichet. Enfin le tintement des casseroles, de la grande poêle à frire et de la cafetière en fer blanc rebondissant sur les pavés.
La valse entrainante des chaises dans la salle à manger, la chute des livres de la bibliothèque dans le salon, le fracas des lits qu’on retourne.
Fouillée, saccagée Souillée du sol au plafond Maison dévastée.
Isolée dans ma cachette, je rêve de ces retours de promenades où l’on apercevait de loin la maison. Comme une évidence. Je me souviens de ce moment où chacun franchissait le seuil avec certitude.
J’aperçois à nouveau notre cher absent fabriquer ce placard sous l’escalier devinant le pire. Dans quel recoin de la maison a-t-il caché les tracts que ces hommes sont venus chercher ?
Fidèle gardienne Double cloison au grenier Mines bredouilles*.
« Maisson » « Te souviens-tu, Dariya, de la règle d’orthographe de la lettre « s » située entre deux voyelles qui se prononce comme le « z » ? ». Dariya lève la tête vers le panneau qu’on voit depuis la salle de classe, et qu’elle ne sait pas encore déchiffrer, indiquant « Foyer de la Croix-Rouge ». Elle se concentre à nouveau sur son cahier pour lire « maison ».
Maison incendiée Fuir jusqu’à l’épuisement Refuge, ailleurs.
* Les souvenirs de Dariya ont été traduits de sa langue maternelle en français pour le confort des lecteurs.
En septembre 2024, j’ai eu le plaisir de participer à l’atelier d’écriture « Des lignes en ligne » animé par Hélène Chardonnet et proposé par le réseau de lecture publique de la Cinor. « Et vous, d’où venez-vous » était le fil rouge de cet atelier. Je vous invite à découvrir les textes des autres participants : https://lecturepublique.cinor.org/iguana/www.main.cls?sUrl=contributions-participants
✒️ Frédérique Guillaumat
✒️ Agitatrices de mots et de créativité, Frédérique et Mélissa animent des ateliers d’écriture créative depuis plusieurs années sur leur île, à La Réunion. N’hésitez pas à les rejoindre sur leur groupe privé Facebook L’Instant Plume pour retrouver leurs propositions créatives et y participer.
✒️ Vous pouvez suivre Frédérique sur ses pages Lindekin ou Facebook.
Aleph-écriture est une école d’écriture créée en 1985 à Paris. Elle propose des stages de création littéraire et des ateliers d’écriture en présentiel et distanciel et forme aux métiers d’animateurs d’ateliers d’écriture et de biographes. Elle publie « L’Inventoire », une revue en ligne destinée à tous les passionnés de littérature.
Depuis La Réunion, Frédérique participe régulièrement à des formations ou ateliers grâce au format distanciel.
En juillet 2024, elle a eu le plaisir de voir son texte « Cartel » publié dans cette revue, texte écrit lors d’un atelier « Ecrire l’art ou mon musée idéal » animé par Françoise Khoury.
✒️ « Un samedi matin de septembre, mes pas m’ont guidée de la gare du Havre au MUMA, petit nom affectueux que les havrais donnent à leur Musée d’Art Moderne André Malraux »… la suite du texte de Frédérique est à découvrir dans la revue L’Inventoire.
Vous y lirez aussi comment Françoise Khoury a été amenée à proposer d’écrire autour de l’art et des musées en continuant à feuilleter la revue.
✒️ Agitatrices de mots et de créativité, Frédérique et Mélissa animent des ateliers d’écriture créative depuis plusieurs années sur leur île, à La Réunion, et en ligne. N’hésitez pas à les rejoindre sur leur groupe privé Facebook L’Instant Plume pour retrouver leurs propositions créatives et y participer.
✒️ Vous pouvez suivre Frédérique sur ses pages Lindekin ou Facebook.
Huile sur toile « Coup de vent à Trouville » de Denis Etcheverry – entre 1867 et 1952.
Souvenirs d’un ciré jaune de cet autre pays d’un mariage heureux
La première goutte sur le dos de ma main
Parapluie bleu égaré à l’entrée de la boutique ?
Cheveux aplatis dégoulinent
Les flaques évitées en vain
Rideau gris tiré sur l’océan
Nimbostratus en fond de scène
Ploc ploc ploc sur la tôle à l’abri. Enfin !
Hier il a plu.
✒️ Frédérique Guillaumat
✒️ Agitatrices de mots et de créativité, Frédérique et Mélissa animent des ateliers d’écriture créative depuis plusieurs années sur leur île, à La Réunion, et en ligne via Zoom. N’hésitez pas à les rejoindre sur leur groupe privé Facebook L’Instant Plume pour retrouver leurs propositions créatives et y participer;
Un samedi matin de septembre, mes pas m’ont guidée de la gare du Havre au MUMA, petit nom affectueux que les havrais donnent à leur Musée d’Art Moderne André Malraux.
Face à la mer, le MUMA habillé de blanc et de larges baies vitrées vient égayer les immeubles aux façades beiges et aux balcons noirs du quartier.
Ciel un peu couvert, quelques gouttes de pluie – la farine comme on dit sur mon île – et une légère brise.
Le vent, le vrai, je l’ai trouvé dès l’entrée du musée. Il s’affichait en grandes lettres noires sur une vitre : « LE VENT – Cela qui ne peut être peint – 25 juin au 2 octobre 2022 ».
Tout était dit ! Je venais admirer celui qu’on ne peut pas peindre.
Intriguée et ravie de l’être, j’ai commencé à déambuler jusqu’à ce tableau au charme un peu désuet avec son cadre aux moulures dorées.
En bas à gauche, la signature du peintre de cette huile sur toile : D. Etcheverry. Signature qui a attiré mon attention avec son écriture un peu enfantine et ce petit trait de peinture noire qui la souligne.
Je ne lis surtout pas le cartel ! Je veux imaginer.
Imaginer cette plage au sable brun bretonne ou normande.
Imaginer la saison, l’automne sans doute, à voir les vêtements que portent les personnes venues là profiter d’une dernière bolée d’air vivifiant avant les frimas de l’hiver. Chacun porte vestes, gilets comme on irait se promener dans les rues de la station balnéaire plutôt que sur la plage.
Et cette femme au centre du tableau qui semble retenir d’une main sa longue robe blanche soulevée par le vent et de l’autre main son chapeau dont le même vent aimerait s’emparer pour respirer le parfum de ses cheveux.
Le vent a déjà emporté le canotier de ce monsieur, ce parasol rouge et rose qui semble voler sur la plage et dont ne sait plus à qui il appartient. Au large, il bouscule les nuages.
Ce vent invisible dont je ressens le souffle à l’abri dans ce musée à l’air aseptisé par la climatisation.
Le vent, celui que l’artiste ne peut pas peindre, et qui est pourtant bien là.
Je le vois Denis, le peintre, s’accrocher à sa toile. Il tente de retenir ses pinceaux s’envolant les uns après les autres. Le brun du sable, le rose du parasol, le gris des nuages… Il ne lui reste en main que le blanc pour achever de peindre le chapeau de la femme avant qu’il ne s’envole lui aussi.
Là, devant ce tableau, dans ce musée à l’abri du bruit du monde, j’aimerais soudain être emportée par un vent facétieux.
J’en oublie de lire le cartel qui m’aurait raconté que cette huile sur toile « Coup de vent à Trouville » de Denis Etcheverry a été peinte avant 1907. J’aurais aimé cette imprécision. Comme si le vent avait aussi balayé les années de la vie du peintre.
Je repense souvent à cette œuvre, à ce qu’on ne peut pas peindre et qui est pourtant si présent. A ces mots qu’on ne peut pas écrire parfois et qui sont si pesants.
Ce samedi de septembre 2022, je n’ai eu qu’un regret en quittant le musée. Que la météo soit trop clémente. Que le vent ne se déchaine pas sur les plages et dans les rues du Havre.
Frédérique Guillaumat
Texte écrit lors de l’atelier d’écriture « Ecrire l’art, mon musée idéale » d’Aleph Ecriture animé par Françoise Khoury.
🔸 Atelier en présentiel « Palabres Nouvelles », le samedi 4 novembre 2023 à Saint-Denis (La Réunion). Attention pour les habitués : changement de lieu. Les ateliers se déroulent maintenant dans le quartier du Bas de la Rivière. Informations pratiques et nouvelles modalitéssur notre site.
🔸 Les ateliers, d’une durée de 2 h, sont au tarif de 20 € 🔸 6 participants maximum pour les ateliers en ligne.
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Envie de savoir pourquoi Frédérique se lève à 5 h 30 presque tous les matins ?
Elle l’a raconté aux auditrices et auditeurs de France Inter, le vendredi 8 septembre. Podcast de l’émission « Déjà debout » du 8 septembre 2023 à retrouver sur le site de la Radio France.
✒️ NOS ATELIERS D’ECRITURE D’OCTOBRE EN LIGNE ET A LA REUNION
🔸 Atelier en présentiel « Palabres Nouvelles », le samedi 7 octobre 2023 à Saint-Denis (La Réunion). Attention pour les habitués : changement de lieu. Les ateliers se déroulent maintenant dans le quartier du Bas de la Rivière. Informations pratiques et nouvelles modalitéssur notre site.
🔸 Les ateliers, d’une durée de 2 h, sont au tarif de 20 € 🔸 6 participants maximum pour les ateliers en ligne.
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Diego était un beau mâle et il le savait. Diego avait une maîtresse.
Elle s’appelait Loona.
Dès leur premier câlin, elle lui avait chuchoté de sa voix douce que Loona signifiait « amour » dans une langue ancienne dont il avait oublié le nom.
Leur rencontre, un matin de printemps, avait été assez banale. Loona lisait du Baudelaire assise sur un banc à l’ombre d’un chêne dans un jardin public. Diego l’avait aperçue au loin. Il s’était approché doucement et l’avait abordée avec légèreté, sans la brusquer, comme il savait si bien le faire.
Dès la première caresse de Diego sur ses jambes, Loona lui avait voué un amour inconditionnel. Son cœur s’était emballé comprenant qu’ils étaient « félin » pour l’autre.
Et ce vagabond de Diego s’était installé chez Loona pour ne plus en repartir.
Il avait fallu seulement quelques heures pour que la jeune femme ne puisse plus se passer de lui. Le minou savait y faire !
Confidences sur l’oreiller dès l’aube. Moment magique à deux mains et quatre coussinets sur fond de ronrons langoureux. Et Loona de s’extasier que jamais elle n’avait caressé de poils aussi doux !
Touche d’espièglerie le soir avec un Diego courant d’un bout à l’autre de l’appartement et sautant allègrement sur les meubles avant de faire ami-ami avec sa dulcinée sur le canapé devant un bon film. Et chaque samedi soir, revoir ensemble Les Aristochats.
Diego vivait sa huitième vie. L’avant-dernière !
Frédérique Guillaumat, avec l’aide précieuse des amis de F et M écriture créative.
Texte écrit grâce aux mots offerts à Frédérique par les ami.e.s de F et M, écriture créative et membres du groupe L’instant Plume. Mots évoquant les chats : Amour – Baudelaire – Ronronnement – Ami – Espièglerie – Caresse – Coussinet – Ronron – Légèreté – Félin – Magique – Minou – Câlin – Poils – Vagabond – Amour inconditionnel.
Grâce au logo-rallye, jeu d’écriture consistant à glisser certains mots « imposés » dans un texte, Frédérique a pris plaisir à écrire ce texte qu’elle offre en retour aux membres du groupe et à celles et ceux de passage ici. Frédérique est animatrice d’ateliers d’écriture et a créé F et M, écriture créative avec Mélissa Cadarsi.
Agitatrices de mots et de créativité, Frédérique et Mélissa animent des ateliers d’écriture créative depuis plusieurs années sur leur île, à La Réunion, et en ligne. N’hésitez pas à les rejoindre sur leur groupe privé Facebook L’Instant Plume pour retrouver leurs propositions créatives et y participer si le coeur vous en dit.
Quatre ans ! Quatre ans et deux mois pour être juste qu’elle m’écoute en boucle matin, soir et parfois le midi quand elle préfère rentrer déjeuner parce qu’elle ne supporte plus ses collègues !
Et depuis deux ans qu’elle télétravaille un jour sur deux, je passe en boucle du matin au soir !
J’ai les sillons fatigués, moi !
Et Hervé, il n’en peut plus de pousser la chansonnette.
Faut qu’elle arrête ! Une heure au moins qu’elle est là avec son sachet de thé à la fraise de Plougastel qui trempe…
« Capri, c’est fini… et dire que c’était la… ».
Faut qu’elle change de disque parce que si vous voulez mon avis, il ne reviendra pas l’autre !
Texte inspiré par l’illustration de Sophie Griotto et écrit par Frédérique Guillaumat pendant un atelier d’écriture – temps d’écriture 8 minutes. Vous pouvez découvrir ou redécouvrir les oeuvres de Sophie Griotto grâce à une balade sur son site internet. Frédérique remercie chaleureusement Sophie Griotto pour son aimable autorisation.
Frédérique est animatrice d’ateliers d’écriture et a créé F et M, écriture créative avec Mélissa Cadarsi.
Agitatrices de mots et de créativité, Frédérique et Mélissa animent des ateliers d’écriture créative depuis plusieurs années sur leur île, à La Réunion, et en ligne.
Découvrir le calligramme à la manière d’Appolinaire
Déclamer et partager son poème à la façon d’un slam.
Poème avec et sans rimes, écrit par Frédérique, inspiré par un atelier d’écriture animé à Saint-André – La Réunion – en mars 2023 avec les élèves d’une classe de CM2, jongleuses et jongleurs de rimes.
Frédérique est animatrice d’ateliers d’écriture et a créé F et M, écriture créative avec Mélissa Cadarsi.
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