Le blog, Mots à tout va, Nos écrits

Oignons verts et mariage

Sur les chemins de la vie, le mariage.

Le mariage et son bouquet que la mariée jette aux invitées.

Certaines se précipitent pour le récupérer et, comme le veut la tradition, se marier dans l’année.

Certaines cachent leurs mains derrière leur dos pour ne pas céder à la tentation.

Certaines sont déjà loin, près du buffet une coupe de champagne à la main.

Le mariage dont on rêve ou pas.

Le mariage que l’on fait ou pas.

Le mariage qu’on prépare pendant des mois ou pas.

Le mariage pour lequel on s’endette ou pas.

Le mariage auquel on sera témoin ou pas.

Le mariage ou les mariages de sa vie, ou pas.

Et ce couple de mariés en sucre qui trône sur la pièce montée et qui fondra instantanément dans la bouche d’un enfant sage tout à l’heure.

Ou ce couple de mariés en plastique qui trône sur cette autre pièce montée. Ils ont opté pour le plastique parce qu’ils ont trop souvent entendu dire « Allez jouer sous la pluie les enfants, vous n’êtes pas en sucre ! ». Ce couple plastifié qui trônera ensuite pendant des années sur le buffet de la salle à manger et déteindra au fil du temps.

Je me suis mariée un jour de mai, dans une autre vie. Je portai un tailleur pantalon rouge et monsieur le maire cherchait une mariée vêtue d’une robe blanche parmi les invités.

Je me suis mariée un jour de mai, dans une autre vie. Et j’ai repensé à ce jour-là récemment en prenant une photo des fleurs d’oignons verts semés dans mon jardin. J’ai trouvé qu’elles ressemblaient à un bouquet de mariée !

Allez savoir pourquoi !

Les chemins de la vie et de l’écriture créative sont parfois impénétrables.

Frédérique Guillaumat, heureuse co-fondatrice avec Mélissa Cadarsi, de F et M, écriture créative.

Merci de m’avoir suivie jusqu’ici et d’avoir lu mes élucubrations teintées de fleurs d’oignons verts. Si vous avez envie de continuer la balade, suivez-moi sur les chemins de notre offre d’ateliers d’écriture créative en ligne ou en présentiel.

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📷 Photo : Frédérique Guillaumat dans son jardin à La Réunion.

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Au fil du temps…

Vie qui surgit, crie puis s’insurge
Tâtonne, rampe et s’élance
S’infantilise, s’adolescence, s’adulte.

Vie qui travaille, gagne ou perd
Consomme, cumule, déshérite
Trie, pollue, recycle.

Vie qui dicte, trace, efface
Tente, hésite et résiste
Sauve, tue, parfois pardonne.

Vie qui grandit, vieillit, se racornit
Se grippe, s’agrippe et s’effrite
Se souvient, oublie, renie.

Vie qui s’éternise, se fatigue, s’épuise
S’enterre ou brûle par les deux bouts
Vies qui continuent.

Frédérique Guillaumat
Co-fondatrice avec Mélissa Cadarsi, de F et M écriture créative.

🔸 Agitatrices de mots et de créativité, nous animons des ateliers d’écriture en ligne et en présentiel sur notre île, La Réunion. Nous publions également nos écrits sur notre blog.

🔸 Pour découvrir nos ateliers parfois gratuits, parfois payants, c’est par ici.

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📷 Libre de droits @Pixabay.

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Hier soir, j’ai mangé des oeufs à la coque…

Hier soir, sur notre terrasse, dans la tiédeur des soirées de notre été austral, mon compagnon et moi avons mangé des oeufs à la coque accompagnés de mouillettes de pain tartinées de beurre salé.

Vous me direz sans doute que c’est un dîner plutôt ordinaire. Mais, pour moi, les oeufs à la coque ont avant tout la saveur de l’enfance.

Je me souviens des coquetiers dépareillés rangés dans le tiroir du buffet chez mes parents. Quelle joie que de mettre le couvert ces jours-là et de choisir mon coquetier ! Mon préféré était orné d’un poussin jaune qui portait un chapeau rose. Je le déposais délicatement dans mon assiette à côté de ma serviette de table, celle à carreaux bleus et blancs.

Je me souviens de mes soeurs et moi qui nous précipitions pour griller le pain, couper les mouillettes et les tartiner de beurre doux ou salé selon les goûts.

Je me souviens que je n’arrivais pas à résister à la tentation de déguster une ou deux mouillettes avant le repas.

Je me souviens de ce sablier en bois foncé qui décomptait le temps de la cuisson des oeufs ! Ce sable qui coulait trop lentement à notre goût… et les trois minutes (et pas une seconde de plus) qui nous semblaient une éternité tant nous avions hâte de tremper nos mouillettes ! Ce sable blanc et fin qui me faisait voyager en m’évoquant des plages paradisiaques.

Je me souviens du parfum de tendresse familiale de ces repas simples mais ô combien précieux.

🔸J’ai écrit ce texte ce matin grâce à mes oeufs à la coque d’hier soir qui m’ont ramenée en enfance et parce que j’aime déposer mes souvenirs sur du papier ou un clavier. J’ai choisi « Je me souviens » de Georges Pérec* pour m’inspirer.

🔸 Si comme moi, vous avez envie d’évoquer et d’écrire vos souvenirs, je vous propose d’être votre guide durant les ateliers autobiographiques en ligne que j’animerai à partir d’avril 2022. Animatrice d’ateliers d’écriture certifiée et expérimentée, je vous invite à découvrir mon offre d’ateliers par ici : Cycle ateliers autobiographiques « Collection de souvenirs ».

🔸 Si vous avez des questions sur le déroulement de ces ateliers, n’hésitez pas à me les poser en commentaire de cette publication et j’aurais plaisir à vous répondre.

Frédérique Guillaumat, co-fondatrice avec Mélissa Cadarsi, de F et M, écriture créative.

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📷 Frédérique Guillaumat, oeufs à la coque un soir d’été austral.

* « Je me souviens » est un recueil de brides de souvenirs, de Georges Perec publié en 1978 aux éditions Hachette.

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400 virages plus tard…

Dans un article déjà publié sur ce blog, je vous proposais de me suivre sur le chemin d’un atelier d’écriture. Aujourd’hui, je vous invite à m’accompagner sur la route aux 400 virages qui monte à Cilaos, dans les hauts de La Réunion.

🔸 La commune de Cilaos est située à 1 200 mètres d’altitude dans le cirque naturel du même nom, dans les « hauts » de l’île, comme on appelle ici nos montagnes. Le mot Cilaos viendrait du malgache Tsy ilaozana, qui signifie « lieu que l’on n’abandonne pas ». En référence à cette origine supposée, la devise de la commune est « Cilaos, on y revient toujours ».

🔸 Cilaos fait partie des lieux que j’affectionne plus particulièrement à La Réunion. Depuis un peu plus de vingt ans que je vis ici, je monte régulièrement à Cilaos me ressourcer de l’air de nos montagnes. Et, depuis quelques temps, j’y vais rendre visite à mes deux fils qui ont fait le choix de vivre là-haut au bout de la route aux 400 virages.

🔸 Cette fois, fin septembre 2021, cette route m’a menée à la rencontre de gramounes – personnes âgées – dans le cadre du projet Mémoire des Sens, projet porté par une collègue et amie, Aurélie Adam, depuis 2018. Ce merveilleux projet est destiné à recueillir et écrire des souvenirs. Aurélie en assure la coordination et Julien, photographe professionnel, photographie chaque personne avec un objet qu’elle a choisi d’apporter pour l’occasion, un objet qui lui rappelle le temps lontan. Ensemble, Aurélie, Julien et moi avons sillonné les quatre coins de notre île depuis février 2021 à la rencontre de nos gramounes, de leurs souvenirs et de la mémoire de La Réunion.

🔸 Dans le cadre de ce projet, mon « travail » – mais vous imaginez combien j’ai du mal à le nommer ainsi – consiste à recueillir les souvenirs puis à les écrire.

🔸 Après un moment de partage suivent des entretiens avec chaque gramoune. Chacun me fait alors cadeau d’un souvenir et pour l’éveiller, j’invite à faire appel aux cinq sens pour retrouver le moment, l’ambiance de ce jour-là.

🔸 L’odeur du café grillé, du linge lavé et séché à la rivière ou du bois du confessionnal pour cette première confession. La saveur de ce pâté créole préparé par un grand-père dont la recette est restée secrète, le goût interdit d’un peu de sucre chipé dans la cuisine. Le toucher du sol dur sur la plante des pieds quand on allait sans chaussures à l’école. La chaleur du soleil quand on veillait les oiseaux dans les champs de lentilles.

🔸 Travailler sur ce projet, c’est recevoir autant de cadeaux précieux que de souvenirs. Des cadeaux que j’enregistre à l’aide de mon téléphone pendant le temps consacré à l’échange. Des cadeaux que je réécoute à la maison, dans mon bureau devenu cocon, pour écrire et, ainsi, garder trace de tous ces souvenirs qui sont aussi la mémoire de La Réunion.

🔸 Un peu plus tard le souvenir écrit est remis à chaque gramoune accompagné de la photo prise par Julien.

🔸 Ce travail d’écriture, différent de celui que je pratique lorsque je prépare et j’anime des ateliers d’écriture, a en commun le fait de tisser des liens. Quand on me demande quel métier je fais, j’ai souvent envie de répondre « Tisseuse de liens » tant tisser des liens entre le passé et le présent, entre les générations, entre les participants à nos ateliers d’écriture est essentiel pour moi et au coeur de mes vies professionnelles et personnelles.

🔸 Ces jours prochains, je vais me consacrer au tissage de liens numériques sur ce site internet pour vous proposer bientôt un nouvel atelier d’écriture en ligne.

🔸 Je vous invite à retrouver nos jeux d’écriture offerts chaque fin de semaine du côté de Facebook dans Notre groupe privé L’instant Plume, écriture créative. Ce groupe est aussi notre façon de tisser les liens grâce aux mots qui y sont partagés.

Frédérique Guillaumat, co-fondatrice avec Mélissa Cadarsi, de F et M, écriture créative.

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📷 Frédérique Guillaumat, Cilaos.