Nos ateliers d'écriture

« s’imMERger», atelier d’écriture – brunch partage en plein air | le samedi 13 décembre 2025 de 9h30 à 14h30

(Photo de Mélissa)

Vous n’avez jamais participé à un atelier d’écriture et souhaitez savoir à quoi vous attendre ? Cliquez ici, Frédérique vous dit tout !

🔸 Terminer l’année le cœur rempli de belles histoires, comme nous l’avons commencée. Laisser voguer notre imaginaire et emporter avec nous les moussaillons de notre petit collectif d’écrivants. Et parce que le grand large ouvre l’appétit, déguster les mets partagés en regardant les vagues se casser sur le littoral. Mélissa et Frédérique vous invitent à ce moment créatif et chaleureux et chacun emmène son petit nécessaire à pik-nik (chaise, saisie, chapeau, parasol si besoin, anti-moustique, petite vaisselle lavable, boisson et repas). Le lieu sera communiqué aux inscrits une semaine avant l’atelier. L’atelier est au tarif de 10 €.

🔸 Les Palabres Nouvelles font suite aux précédentes de 2013 à 2020. « Un jeudi sur deux, dans un bar au bord de l’Océan Indien, six personnes se retrouvaient. Certains commandaient un verre de jus de fruits frais, d’autres une bouteille d’eau pétillante, les derniers du vin. Tous écrivaient. », dit le blog créé à cet effet : https://palabresreliees.wordpress.com/.

🎈 De la convivialité, de la bienveillance, de l’humour, et un brin (ou plus) de folie !

Pour cette édition parfumée aux embruns, pour réserver et régler votre participation, envoyez un e-mail : melissa.cadarsi@gmail.com .

Pour patienter jusqu’aux prochaines Palabres Nouvelles, nous vous invitons à une balade sur notre blog. Vous avez envie d’en savoir plus… Lisez donc ci-dessous.

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Nos ateliers d'écriture

« Saluer », atelier d’écriture en présentiel | le samedi 8 novembre 2025 de 10 h 00 à 12 h 00

(Photo de Ioana Cristiana sur Unsplash)

Vous n’avez jamais participé à un atelier d’écriture et souhaitez savoir à quoi vous attendre ? Cliquez ici, Frédérique vous dit tout !

🔸 Après une rentrée d’écriture en fanfare le 6 septembre, nous avons le plaisir de vous inviter à participer à notre nouvelle séance. Mélissa animera un atelier sur le thème « Saluer ». Grâce à des extraits de romans de haut vol, et autres objets insolites, nous explorerons le salut sous toute ses formes. Vous pourrez d’ailleurs saluer à votre façon en nous rejoignant, avec un bonjour fourmi-nuscule comme dirait ma fille, ou une bise généreuse à chaque participant (quelques idées amusantes ou encore ce livre, écrit par une réunionnaise Avé César). L’atelier sera au tarif de 10 €.

🔸 Les Palabres Nouvelles font suite aux précédentes de 2013 à 2020. « Un jeudi sur deux, dans un bar au bord de l’Océan Indien, six personnes se retrouvaient. Certains commandaient un verre de jus de fruits frais, d’autres une bouteille d’eau pétillante, les derniers du vin. Tous écrivaient. », dit le blog créé à cet effet : https://palabresreliees.wordpress.com/.

🎈 De la convivialité, de la bienveillance, de l’humour, et un brin (ou plus) de folie !

Pour cette édition spéciale, pour réserver et régler votre participation, envoyez un e-mail : melissa.cadarsi@gmail.com .

Pour patienter jusqu’aux prochaines Palabres Nouvelles, nous vous invitons à une balade sur notre blog. Vous avez envie d’en savoir plus… Lisez donc ci-dessous.

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Le blog, Mots à tout va

Journal de bord : Faire « Partir en Livre » – Juillet 2025

Avec Frédérique, lorsque nous planifions, quelques mois à l’avance notre prospection, nous classons les projets. Il y a…
* les projets menés ensemble – comme pour les Journées Européennes du Patrimoine (JEP) 2024, Rev out voyag (en savoir plus)
* les projets menés par chacune d’entre nous.
Pour ces derniers, nous échangeons quand même très régulièrement sur la conception des animations, le choix des supports et ouvrages de référence et sur le déroulé des actions, au fil de l’eau. Début 2025, nous avons discuté ensemble de Partir en Livre. Je m’en souviens très bien, c’était pendant une de nos journées détente. Un promenade au cœur de notre belle forêt tropicale, sur un sentier entretenu et redécouvert par l’association Somin Saret (en savoir plus) qui valorise le patrimoine de l’est de notre île.

Partir en Livre, qu’est-ce que c’est ? C’est une manifestation du ministère de la Culture organisée par le Centre national du livre (CNL) depuis 11 ans maintenant. Elle a pour objectif de promouvoir le livre et la lecture chez les enfants et les jeunes. Et cette année le thème était : « Les animaux et nous ». Autant vous dire qu’entre les fougères, la vigne marronne et les feuilles de songes, les idées ont fusé ! Et finalement, c’est moi qui ait mené ce projet.

après avoir finement travaillé le déroulé de la séance avec Frédérique (et un bonus de papier, colle, ciseau, plastifieuse et café) et Gaëlle, notre copine de l’autre côté de la mer, j’ai donc animé Partir en Livre dans 6 bibliothèques et médiathèques de l’ouest (Ville de Saint-Paul et Ville du Port, merci de votre confiance! ). Ce sont au total 45 enfants qui ont pu participer à cet atelier, pendant lequel ils ont :
* découvert des devinettes locales mettant en scène des animaux partagées par le Podcast Batkare sur son fil Instagram
* écouté et regardé quand j’ai conté la fameuse histoire du bassin du roi (avec une imitation du livre et du bœuf qui restera dans les mémoires – en tous cas dans la mienne)
* joué à retrouver dans le grand Lotoquine des livres les 12 titres que j’avais sélectionnée pour eux
* enfin et surtout, choisi leur animal et inventé leur petite histoire !

Nous avons eu de bien belles créations avec :
– de nombreux chats domestiques (dont certains redevenus sauvages)
– des lapins coquins
– quelques éléphants
– deux cerfs voyageurs
– un lièvre qui découvre la forêt du grand nord pour la première fois
– une hyène, star des réseaux sociaux depuis sa réserve
– un hibou savant fou
et bien d’autres encore !

Pour cette animation, j’ai eu le plaisir de rencontrer les agents des bibliothèques et de mesurer leur engagement à mobiliser les parents et les enfants pour les animations, mais aussi mettre en place des activités pour les vacances d’hiver austral qui commençaient tout juste.
Dans chaque bibliothèque j’ai été chaleureusement accueillie… et soutenue :
– pour animer pour des CP sur la dernière ligne droite avant les vacances
– avec un recrutement jusqu’à la dernière minute des enfants sur le marché aux abords de la bibliothèque
– grâce à la réserve secrète de crayons de couleurs !

Ces animations, concentrées sur une quinzaine de jours, m’ont rappelé combien j’aimais entretenir ou faire naître la petite flamme de la créativité et je crois pouvoir dire… que j’ai bien « fait Partir en Livre » nos marmay !

✒️

Mélissa Cadarsi

✒️

Agitatrices de mots et de créativité, Frédérique et Mélissa animent des ateliers d’écriture créative depuis plusieurs années sur leur île, à La Réunion.

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Le blog, Nos écrits

A l’envers, à l’endroit

Lire le recueil

Fin 2022, il prit à Mélissa une lubie. Chaque mois, avec un peu moins d’exactitude que la lune, Mélissa écrivit, cette année-là, un texte court, avec un nombre précis de mots… 365, on vous le donne en mille. Vous trouvez qu’il commence à y avoir trop de chiffres sur ce blog dédié aux mots, aux histoires et à la créativité ? Rassurez-vous, cela s’arrête ici ! car les textes de Mélissa parlent de nous, au plus intime, juste avant la nudité…

Quatrième de couverture :

Prendre vite fait le premier T-shirt venu. Enfiler un short. Choisir avec soin une robe pour un événement attendu. Offrir un vêtement que l’on a porté. Acheter à la dernière minute un foulard pour mémé. Que disent de nous nos vêtements ? Comment dissimulent-ils, subliment-ils ou enchantent-ils nos corps, nos histoires, nos souvenirs ? 

Cette création peut être découverte sous forme de livrets suspendus ou sous forme d’un ouvrage.

En janvier 2024, Mélissa a eu l’opportunité d’exposer ses textes et dessins à la Bibliothèque Alain Lorraine lors de la nuit de la lecture. Aujourd’hui, elle vous propose de découvrir l’ensemble des textes en ligne : cliquez ici.

✒️ Mélissa Cadarsi

✒️ Agitatrices de mots et de créativité, Frédérique et Mélissa animent des ateliers d’écriture créative depuis plusieurs années sur leur île, à La Réunion.

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Le blog, Nos écrits

Mélissa Cadarsi publiée dans « Gong », Revue de l’AFH, Oct-Déc 2024

En 2024, Mélissa a franchi le pas et adhéré à l Ass. Francophone de Haïku (AFH) grâce à Monique Merabet, autrice et poétesse réunionnaise. Elle a pratiqué régulièrement cet art qui lui tient à cœur :
– lecture de haïkus de maîtres
– lecture de haïkus amateurs sur les groupes Facebook Votre Haïku du moment !!Haïku du jourLes haïjins de nos régions
– tenue d’un livret d’inspiration où elle recopie précieusement ses poèmes miniature préférés
– écriture et partage sous différentes formes.

Grâce à son adhésion, Mélissa reçois « Gong », la revue trimestrielle de l’ Ass. Francophone de Haïku : certains diraient que c’est passé de mode une revue papier. Mais c’est une vraie joie pour elle de recevoir autre chose que des factures dans la boite aux lettres, de le lire tranquillement et de constituer une collection de livres et revues de poésie!

Ainsi donc… quelle ne fut pas sa surprise de voir son haïku publié dans la rubrique « Le Haïku en ligne » :

 

« Plumetis grisés
Au-dessus des champs de canne
S’envoleront-ils ? »
Mélissa Cadarsi 🌸, juin 2024

 

Ci-dessous, la version avec le dessin d’illustration et le texte d’accompagnement, la revue et la mini-blibiothèque de poésie, qui ne demande qu’à grandir !

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Toutes les infos sur la revue sur le site de l’AFH : cliquez ici.

Le blog, Mots à tout va

Rev out voyag | Rêve ton voyage

Depuis nos premiers pas en écriture créative, nous avons eu le plaisir de proposer, presque chaque année un projet pour les Journées Européennes du Patrimoine utilisant l’écriture ludique et créative comme outil de médiation pour connaître et comprendre le patrimoine. Récits de mémoire, journal d’étonnement, jeux de mots pour les enfants, écriture d’escape game dans la nature réunionnaise… nous n’avons eu de cesse de nous renouveler pour animer cet événement cher à notre cœur, aussi grâce à la confiance de nombreux partenaires.

Cette année, c’est l’association Plus qui nous a proposé d’animer la rue à Saint-Denis. Ni une ni deux, Nous avons sorti notre boîte à idées folles, notre boîte à outils aussi… et nous avons monté de toutes pièces une proposition en lien avec la thématique « Patrimoine des itinéraires, des réseaux et des connexions ». C’est ainsi que nous avons conçu :

  • un espace itinérant de médiation sous la forme d’un car courant d’air (nos bus d’antan) fabriqué en carton de nos petites mains (et avec le soutien d’1 ou 2 bénévoles, promis, ils n’ont pas été blessés et ont été remerciés de leur poids en chocolat) dans une rue très passante, à proximité d’un des arrêts de bus les plus fréquentés de la Ville
  • une proposition d’animation à tiroirs : cadeau d’une anecdote sous forme de ticket de bus sur l’histoire du déplacement « automobile » à La Réunion, constitution de panneaux participatifs et création d’un poème sur la machine à écrire

Nous sommes particulièrement fières de cette édition des JEP, parce que nous avons réussi à toucher des publics de tous âges (de 3 à 90 ans) et de tous horizons. Puisque la rue appartient à tous, le temps de notre animation, le patrimoine et la poésie aussi.

Sur cette belle journée, 60 personnes ont participé à l’animation et 21 poèmes ont été écrits et offerts. Nous remercions encore l’association Plus pour sa confiance et les jeunes femmes en BTS Tourisme pour leur coup de pouce !

✒️ Agitatrices de mots et de créativité, Frédérique et Mélissa animent des ateliers d’écriture créative depuis plusieurs années à La Réunion. Elles créent pour votre organisation une animation pétillante et innovante sur mesure.
N’hésitez pas à les rejoindre sur leur groupe privé Facebook L’Instant Plume pour retrouver leurs propositions créatives et y participer.

Nos écrits

Quand la mouche fait « pouce »

Assis sur son galet tiède, le crapaud crapaudait.

Il baillait à qui mieux mieux, tendant sa longue langue molle de temps à autre pour gober une mouche.

Un insecte cependant se rebelle :

« – Diable, sieur crapaud, je veux bien mourir comme le veut mon destin au fond de votre estomac, mais ne pourriez-vous pas m’offrir en dernier hommage une maillure odeur ?

– Qu’est-ce qu’elle dit celle-là ? A t-on jamais vu un mouche parler ?

– Ainsi, vous pensiez que votre repas n’avait pas d’âme ? Il est vrai qu’à se poser sur votre fétide organe humide, nombreuses doivent être celles qui s’évanouissent derechef !

– Eh ben dis donc, elle m’insulte en plus !

– Plutôt que de vous vexer pour si peu, tenez, sieur, prenez un de ces jolis bonbons. On les appelle Bétises de Cambrai. Il fera votre plaisir et diminuera mon dépit. »

Incapable de refuser un cadeau, le crapaud s’en saisit. Il ramène dans sa gueule la pastille et ferme son cloaque. Il commence a suçoter. La pastille s’accroche à sa langue, à ses joues, elle lui saisit le fond du gosier. Il se contorsionne, frémit quand la menthe se libère. Ses yeux globuleux enflent entre surprise et délice. Il se tord se renverse pour mieux profiter du moment.

La mouche pendant ce temps s’envole, le regarde d’en haut et tapote sa besace à bonbons.

Encore un bon couillon qui se fait avoir à son astuce : la bêtise n’est pas toujours l’apanage du plus faible !

Mélissa Cadarsi partage avec vous la fable écrite pendant l’atelier Palabres en plein air « Boite(s) » du 14 décembre 2024. Envie vous aussi de raconter des billevesées animalières (ou pas ?). Prochain atelier le 14 janvier à 15h en présentiel à Saint-Denis, au tarif de 10 €. Inscriptions par e-mail uniquement: melissa.cadarsi@gmail.com.

✒️ Agitatrices de mots et de créativité, Frédérique et Mélissa animent des ateliers d’écriture créative depuis plusieurs années sur leur île, à La Réunion, et en ligne. N’hésitez pas à les rejoindre sur leur groupe privé Facebook L’Instant Plume pour retrouver leurs propositions créatives et y participer.

Le blog, Nos écrits pour la jeunesse

J’ai 10 ans, par Mélissa Cadarsi

J’ai 10 ans.

J’ai 10 ans, enfin. Cette fois, ils ne pourront plus m’arrêter. Ça y est, je suis grande.

Je descends la première. Puisque comme d’habitude, papa et maman dorment toujours.

Les marches de l’escalier sont glacées sous mes pieds, et là, tout en bas, Nala est couchée de tout son long. Elle m’attend. Je passe précautionneusement au-dessus d’elle, en équilibre sur mes orteils, puis je m’assieds pour la caresser. Son ventre, qu’elle m’offre, est tout chaux et si doux. Il sent un peu fort aussi.

Elle se lève, s’étire et me rejoint dans la cuisine. J’ai déjà grimpé sur le tabouret, les mains en appui sur le métal froid. Le cliquetis des griffes de Nala sur le sol se rapproche. Je tends le bras pour ouvrir le placard. Le boite est juste là, devant moi, à peine plus haut… J’essaie de me hisser, de grimper sur le plan de travail en inox. Ma peau nue grince et ça pince un peu, mais j’y suis presque. Je tente le tout pour le tout et me met debout. Du sol, Nala, assise, me regarde perplexe, penchant sa tête rousse sur le côté. Du bout des doigts, je la frôle… Mais les lettres semblent danser devant mes yeux, et ma bouche salivante reste vide… C O O K I ES… Décidément, même en ayant 10 ans, je ne suis toujours pas assez grande.

Un texte écrit en 2022, pendant le cycle « Les 5 sens, sens dessus dessous ».

🔌Restez connecté pour découvrir dans quelques mois la proposition de cycle d’écriture qui vous permettra d’inventer des histoires avec ou pour vos enfants

Le blog, Nos écrits pour la jeunesse

Le petit Îlet (4/4), un conte écrit illustré par Mélissa Cadarsi

En face de lui, la vieille, prenant deux larges feuilles de songe pour y disposer le repas, sourit de toutes ses dents pourries.

« Je vois bien que tu es surpris, à toi aussi on a raconté toutes ses âneries. Que je vole les enfants la nuit pour les mettre dans ma grande marmite… Je vais te raconter mon histoire, tu vas voir, il n’y a pas de quoi avoir peur ! »

Grand Mère Kal apporte à Ti Jean sa feuille de songe. Y sont posés de beaux morceaux de légumes, quelque chose qui ressemble à de la patate et des feuilles cuites en bouillon. Ti Jean est encore un peu méfiant, il ne connaît pas ces drôles de mets. Pourtant, la vieille commence à manger et à raconter.

« C’était il y a très longtemps, tu n’étais pas né, et peut-être même ta mémé ne l’était pas non plus. En ce temps-là, il y avait des hommes méchants qui faisaient travailler les autres sans les payer et qui leur faisaient du mal, à leurs esclaves. En ce temps-là, je vivais de l’autre côté de l’île, j’étais esclave, mais j’étais assez heureuse car j’avais un amoureux. Nous pensions déjà à notre vie tous les deux, à nos enfants. Oh bien sûr, ils seraient esclaves aussi, mais ce n’était pas grave, tant qu’ils restaient avec nous ! Mais un jour, le maître nous a surpris. Il était très en colère, et jaloux je crois, alors, il a chassé mon amoureux. Je ne l’ai jamais revu, il est parti sans aucun bagage, aucun bertel, les mains vides. A partir de là, j’étais triste tout le temps, du soir au matin et du matin au soir. Je ne travaillais plus, alors j’étais souvent battue. J’ai décidé de m’enfuir. Je suis partie au milieu de la nuit, avec mes chaînes au pied, celles qui sont toujours là, que tu peux voir et entendre. J’ai couru, couru, j’ai gravi les montagnes, descendu les ravins, sauté par-dessus les arbres, jusqu’au jour où j’ai glissé depuis le petit îlet jusqu’ici, jusqu’au fond de cette ravine, et de là, je ne savais plus comment en ressortir. C’était il y a très longtemps… Ensuite, j’ai pleuré, pleuré. J’avais faim, j’étais seule et triste. Et puis, le temps passant, puisque je ne pouvais pas quitter ce lieu, j’ai commencé à goûter les plantes autour de moi. Certaines étaient mauvaises, amères. Certaines fois, la fièvre est montée sur moi, j’ai eu mal au ventre pendant des jours et des nuits. Heureusement, il y a des plantes qui rendent malade et d’autres qui guérissent ! Heureusement, il y a cette liane magique, que je n’avais jamais vu avant, cette liane qui produit des fruits nombreux et savoureux, dont les racines sont douces comme de la patate et les feuilles nourrissantes. Du fond de mon trou, grâce aux falaises qui amènent jusqu’ici les rumeurs du monde, j’entends les légendes qui courent à mon propos. J’entends les enfants qui pleurent de peur, les parents qui les menacent de mon nom. Cela me rend triste, parce que tout ce que je voulais c’était vivre avec mon amoureux et avoir moi aussi des enfants. Aujourd’hui, tous ont peur de moi, tous pensent que je suis morte et que mon âme méchante les guette quand ils s’endorment, que je me cache derrière les roches féroces du volcan. Mais non, je suis là, depuis tout ce temps, je ne fais que manger le fruit de ma liane chouchou, ma liane favorite qui m’a sauvée la vie, et j’attends, j’attends… »

Ti Jean, est fasciné. Il n’a pas encore vraiment touché à son repas, écoutant le récit de Grand Mère Kal. Il est un peu triste pour elle, et se dit que c’est vraiment injuste que tout le monde ait peur d’elle alors qu’elle est juste une vieille femme seule…

« – Mais pourquoi n’es-tu jamais remontée ?

– J’ai bien essayé mais c’est impossible, mon petit, tu devrais déguster ton repas et t’y habituer, car maintenant, tu es ici, coincé avec moi, pour toujours. Tu seras un peu le petit garçon que je n’ai pas eu.

– Mais ce n’est pas possible dit Ti jean, plus étonné qu’effrayé maintenant, je suis arrivé par là, il y a un passage, pas facile, mais nous pouvons remonter !

– Non, je te dis qu’il est bouché !

– Le cyclone a dû l’ouvrir alors, car j’ai bien fait attention à toujours pouvoir rebrousser chemin, il était hors de question de laisser mémé derrière moi sans retour possible ! »

Ti Jean s’apprête à se lever, mais de fatigue retombe sur ses fesses. Alors, il entreprend de goûter à son dîner. D’abord la patate, douce, moelleuse et parfumée. Puis les légumes, légèrement sucrées, gorgées de jus, et enfin les feuilles, avec une petite saveur qu’il ne connaît pas, une texture ferme mais fondante. Ti Jean se régale, il avale à toute vitesse car il a très faim mais il se dit aussi qu’il n’a jamais rien mangé de tel !

« – Et tu dis que cette liane t’a nourrie tout ce temps… C’est délicieux !

– Oui, elle est là, les pieds dans l’eau et ne meurt jamais, elle se revigore seule, ne demande pas vraiment de soins…

– C’est parfait, nous allons en prendre avec nous des patates et des fruits, pour nourrir mémé en arrivant là haut, puis nous planterons cette liane extraordinaire ! Maintenant, partons ! »

Ti Jean et Grand Mère Kal entament la remontée. Dans son bertel, le garçon a disposé trois belles patates de la liane chouchou, ainsi que l’appelle la vieille dame, et quatre beaux fruits, ils sont un peu piquants, mais quand on sait quel trésor de saveur ils renferment, on peut bien faire quelque effort ! Les deux amis, Ti Jean et Grand mère Kal, celle-là même qui jusqu’à il y a peu hantait ces nuits, entreprennent de grimper par l’étroit tunnel au cœur des lianes. Ti Jean comprend alors que ce sont des lianes chouchou, ce sont elles qui l’ont mené jusque là. Décidément, elles ont plus d’un tour dans leur sac… S’agrippant à droite et à gauche, le garçon grimpe habilement. La vieille dame a quelques difficultés mais elle s’accroche. Elle a souffert trop longtemps de solitude… Tant bien que mal, les voilà qui s’avancent vers le haut de l’îlet. Et effectivement Grand Mère Kal découvre que le chemin est libre. Les arbres, étroitement serrés il y a de cela quelques mois, la dernière fois qu’elle a tenté de remonter forment désormais un tunnel sombre mais praticable.

La montée dure quand même plusieurs heures, et les deux comparses arrivent enfin, épuisés, derrière la case tout en haut du petit îlet, ne percevant presque plus le bruit de la ravine.

Ti Jean et Grand Mère Kal s’assoient un instant pour se remettre de leurs efforts et à ce moment-là, trois personnes surgissent de la maison :

« – Ti Jean, tu es revenu, nous n’y croyons plus, il y a presque une journée que tu es parti ! »

Caché du soleil par la végétation, Ti Jean ne s’en est pas rendu compte, mais en effet, il était parti la veille au matin : une aventure de vingt quatre heures et un voyage dans le temps auprès de Grand Mère Kal.

Ses parents, la route finalement réparée, sont enfin arrivés. Ils ont pu s’occuper de mémé et elle semble en pleine forme, jusqu’au moment où elle remarque la vieille femme près de son petit marmaille. Reconnaissant Grand Mère Kal, elle s’apprête à l’assommer d’un bon coup de bois goyavier derrière la tête quand Ti jean s’interpose :

« – Non mémé, elle m’a sauvé la vie ! Laisse-moi te raconter !

– D’abord passons à table, vous avez bien besoin d’un petit déjeuner ! » disent les parents du garçon, confiants.

Les voilà sous la véranda de mémé, autour d’une table bien garnie grâce aux emplettes ramenés par les parents de Ti Jean. Un gâteau au ti son, bien sucré, du café, du lait, du pain et des confitures les attendent. Tous les cinq s’assoient autour de la table et partagent gaiement le repas en écoutant l’histoire de Grand Mère Kal et celle de Ti Jean. La vieille déguste ces délices sucrés qu’elle n’avait jamais même goûtés et c’est mémé qui conclut le repas :

«  – Hé bien, maintenant ou la trouv’ une nouvelle famille, ou va rest’ habit ek nous ! »

Ti jean est très heureux pour Grand Mère Kal et celle-ci est si émue qu’elle n’ose dire un mot.

Le jour suivant, les parents, après s’être assurés que les placards étaient à nouveaux bien remplis, repartent pour le bord’mer et laissent Ti Jean et ses deux mémés dans la case. Il va être deux fois plus choyé maintenant, ils sont bien rassurés.

Les trois amis continuent tranquillement leur petite vie dans la petite case du petit îlet. Et si jamais la route venait à nouveau à être coupée, il y a derrière la maison, tombés du bertel de Ti Jean, trois patates et quatre fruits de liane chouchou qui ont déjà commencé à germer et qui bientôt recouvriront une belle partie du jardin, leurs fruits joliment suspendus à des longues tiges en tire-bouchon.

FIN

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⏪Relire la première partie : https://fetm-ecriturecreative.fr/2023/01/11/le-petit-ilet-2-4-un-conte-ecrit-illustre-par-melissa-cadarsi/

⏪Relire la deuxième partie : https://fetm-ecriturecreative.fr/2023/01/11/le-petit-ilet-2-4-un-conte-ecrit-illustre-par-melissa-cadarsi/

⏪Relire la troisième partie :: https://fetm-ecriturecreative.fr/2023/01/13/le-petit-ilet-3-4-un-conte-ecrit-illustre-par-melissa-cadarsi/

Le blog, Nos écrits pour la jeunesse

Le petit Îlet (3/4), un conte écrit illustré par Mélissa Cadarsi

Il s’extirpe du tunnel de lianes et s’approche de l’eau courante. Mais alors, un vent violent, venu de nulle part le jette à terre. Les feuilles mortes se soulèvent et un énorme bruit de chaînes de métal emplit l’air.

« Kissa y vien vol’ mon l’eau ? »

Ti Jean n’en croit pas ses yeux. Une vieille très vieille femme décrépie se tient devant lui. Sa peau est sèche comme la terre quand il n’a pas plu depuis une semaine. Ses cheveux emmêlés comme de la paille de maïs. Ses doigts longs et crochus ressemblent à des vieilles margozes amères. Et une odeur, une odeur pestilentielle l’entoure. A ses pieds, elle traîne des chaînes, de longues chaînes qui semblent bien lourdes.

Ti Jean a beau être courageux, un frisson parcourt son dos. Il frémit, il a peur.

La vieille femme ricane méchamment.

« A ou la… Kossa ou po roder ? »

Ti Jean n’ose pas répondre, il a peur de répondre à la vieille femme. Celle-ci le regarde, lui tourne autour, attend une réponse. Alors, Ti Jean, prenant son courage à deux mains :

« Mi rode un zaffer pour manger pour mon mémé et moin. »

La vieille femme ricane de plus belle :

« Et c’est dans l’trou bébète de Grand Mère Kal que tu es venu ! Tu es fou ! »

Et voilà, Ti Jean, s’en doutait un peu, mais cette fois c’est sûr ! Cette vieille femme est Grand mère Kal, l’horriblement célèbre Grand Mère Kal. Il est perdu…

Alors qu’il se demande comment en sortir, la vieille sorcière s’écarte et se dirige vers son énorme chaudron qui bouillonne un peu plus loin sur un beau feu de bois. Ti Jean voit sa dernière heure arriver, il tremble de tous ses membres.

Grand Mère Kal tourne une grande cuillère en bois à sa bouche et semble se régaler. Apparemment, son chaudron est déjà plein de bonnes choses. Mais Ti Jean se tient sur ses gardes, prêt à tout moment à se retourner et à faire-demi tour. Il se voit déjà grimper le long des lianes, s’accrochant de ses bras secs mais forts. Il rentrera les mains vides, mais vivant !

Alors Grand Mère Kal se tourne vers lui :

« Maintenant que tu es là avec moi. Partageons ce repas. Il est bien modeste mais je ne me nourris que de cela depuis des années et je suis encore là… et bien là ! »

Ti Jean n’en croit pas ses oreilles. Elle n’a apparemment aucune intention de le cuisiner, ni de le manger, et même la voilà qui lui propose de partager son dîner. Elle est loin de se comporter comme la Grand Mère Kal de ses cauchemars.

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⏪Relire la première partie : https://fetm-ecriturecreative.fr/2023/01/11/le-petit-ilet-2-4-un-conte-ecrit-illustre-par-melissa-cadarsi/

⏪Relire la deuxième partie : https://fetm-ecriturecreative.fr/2023/01/11/le-petit-ilet-2-4-un-conte-ecrit-illustre-par-melissa-cadarsi/