Vous faites parfois des insomnies ou dormez toujours à poings fermés
Vous rêvez de découvrir, ou redécouvrir, la magie de l’écriture créative
Vous posez déjà des mots sur du papier, un clavier, souvent sur les mêmes thèmes, et vous aimeriez explorer d’autres univers et formes d’écriture
Vous êtes tenté à l’idée de partager ce que vous écrivez dans un cadre bienveillant tout en pouvant garder vos textes pour vous, si vous le souhaitez
Vous rêvez d’un déclencheur instantané d’inspiration
Vous avez envie d‘échanger avec Frédérique et Mélissa, animatrices d’ateliers d’écriture.
Comment nous retrouver ?
Vous ne pouvez plus résister à la tentation de nous rejoindre pour cette bulle créative ? Il vous suffit de cliquer sur ce lienpour ouvrir les portes de notre groupe privé Facebook : « L’instant Plume, écriture créative » dans lequel nous nous ferons un plaisir de vous accueillir.
Nous vous invitons également à une balade sur notre blog.
Frédérique et Mélissa, heureuses co-fondatrices de F et M, écriture créative.
Nous avons mis en pause notre offre d’ateliers d’écriture en ligne cette année.
Nous vous invitons à nous retrouver dans notre groupe Facebook « L’instant Plume, écriture créative » dans lequel nous vous offrons des jeux d’écriture pour mettre en l’air votre créativité.
Un samedi matin de septembre, mes pas m’ont guidée de la gare du Havre au MUMA, petit nom affectueux que les havrais donnent à leur Musée d’Art Moderne André Malraux.
Face à la mer, le MUMA habillé de blanc et de larges baies vitrées vient égayer les immeubles aux façades beiges et aux balcons noirs du quartier.
Ciel un peu couvert, quelques gouttes de pluie – la farine comme on dit sur mon île – et une légère brise.
Le vent, le vrai, je l’ai trouvé dès l’entrée du musée. Il s’affichait en grandes lettres noires sur une vitre : « LE VENT – Cela qui ne peut être peint – 25 juin au 2 octobre 2022 ».
Tout était dit ! Je venais admirer celui qu’on ne peut pas peindre.
Intriguée et ravie de l’être, j’ai commencé à déambuler jusqu’à ce tableau au charme un peu désuet avec son cadre aux moulures dorées.
En bas à gauche, la signature du peintre de cette huile sur toile : D. Etcheverry. Signature qui a attiré mon attention avec son écriture un peu enfantine et ce petit trait de peinture noire qui la souligne.
Je ne lis surtout pas le cartel ! Je veux imaginer.
Imaginer cette plage au sable brun bretonne ou normande.
Imaginer la saison, l’automne sans doute, à voir les vêtements que portent les personnes venues là profiter d’une dernière bolée d’air vivifiant avant les frimas de l’hiver. Chacun porte vestes, gilets comme on irait se promener dans les rues de la station balnéaire plutôt que sur la plage.
Et cette femme au centre du tableau qui semble retenir d’une main sa longue robe blanche soulevée par le vent et de l’autre main son chapeau dont le même vent aimerait s’emparer pour respirer le parfum de ses cheveux.
Le vent a déjà emporté le canotier de ce monsieur, ce parasol rouge et rose qui semble voler sur la plage et dont ne sait plus à qui il appartient. Au large, il bouscule les nuages.
Ce vent invisible dont je ressens le souffle à l’abri dans ce musée à l’air aseptisé par la climatisation.
Le vent, celui que l’artiste ne peut pas peindre, et qui est pourtant bien là.
Je le vois Denis, le peintre, s’accrocher à sa toile. Il tente de retenir ses pinceaux s’envolant les uns après les autres. Le brun du sable, le rose du parasol, le gris des nuages… Il ne lui reste en main que le blanc pour achever de peindre le chapeau de la femme avant qu’il ne s’envole lui aussi.
Là, devant ce tableau, dans ce musée à l’abri du bruit du monde, j’aimerais soudain être emportée par un vent facétieux.
J’en oublie de lire le cartel qui m’aurait raconté que cette huile sur toile « Coup de vent à Trouville » de Denis Etcheverry a été peinte avant 1907. J’aurais aimé cette imprécision. Comme si le vent avait aussi balayé les années de la vie du peintre.
Je repense souvent à cette œuvre, à ce qu’on ne peut pas peindre et qui est pourtant si présent. A ces mots qu’on ne peut pas écrire parfois et qui sont si pesants.
Ce samedi de septembre 2022, je n’ai eu qu’un regret en quittant le musée. Que la météo soit trop clémente. Que le vent ne se déchaine pas sur les plages et dans les rues du Havre.
Frédérique Guillaumat
Texte écrit lors de l’atelier d’écriture « Ecrire l’art, mon musée idéale » d’Aleph Ecriture animé par Françoise Khoury.
🔸 Atelier en présentiel « Palabres Nouvelles », le samedi 4 novembre 2023 à Saint-Denis (La Réunion). Attention pour les habitués : changement de lieu. Les ateliers se déroulent maintenant dans le quartier du Bas de la Rivière. Informations pratiques et nouvelles modalitéssur notre site.
🔸 Les ateliers, d’une durée de 2 h, sont au tarif de 20 € 🔸 6 participants maximum pour les ateliers en ligne.
Agitatrices de mots et de créativité, Frédérique et Mélissa animent des ateliers d’écriture créative depuis plusieurs années sur leur île, à La Réunion, et en ligne via Zoom. N’hésitez pas à les rejoindre sur leur groupe privé Facebook L’Instant Plume pour retrouver leurs propositions créatives et y participer si le coeur vous en dit.
Envie de savoir pourquoi Frédérique se lève à 5 h 30 presque tous les matins ?
Elle l’a raconté aux auditrices et auditeurs de France Inter, le vendredi 8 septembre. Podcast de l’émission « Déjà debout » du 8 septembre 2023 à retrouver sur le site de la Radio France.
✒️ NOS ATELIERS D’ECRITURE D’OCTOBRE EN LIGNE ET A LA REUNION
🔸 Atelier en présentiel « Palabres Nouvelles », le samedi 7 octobre 2023 à Saint-Denis (La Réunion). Attention pour les habitués : changement de lieu. Les ateliers se déroulent maintenant dans le quartier du Bas de la Rivière. Informations pratiques et nouvelles modalitéssur notre site.
🔸 Les ateliers, d’une durée de 2 h, sont au tarif de 20 € 🔸 6 participants maximum pour les ateliers en ligne.
Agitatrices de mots et de créativité, Frédérique et Mélissa animent des ateliers d’écriture créative depuis plusieurs années sur leur île, à La Réunion, et en ligne via Zoom. N’hésitez pas à les rejoindre sur leur groupe privé Facebook L’Instant Plume pour retrouver leurs propositions créatives et y participer si le coeur vous en dit.
Le mariage et son bouquet que la mariée jette aux invitées.
Certaines se précipitent pour le récupérer et, comme le veut la tradition, se marier dans l’année.
Certaines cachent leurs mains derrière leur dos pour ne pas céder à la tentation.
Certaines sont déjà loin, près du buffet une coupe de champagne à la main.
Le mariage dont on rêve ou pas.
Le mariage que l’on fait ou pas.
Le mariage qu’on prépare pendant des mois ou pas.
Le mariage pour lequel on s’endette ou pas.
Le mariage auquel on sera témoin ou pas.
Le mariage ou les mariages de sa vie, ou pas.
Et ce couple de mariés en sucre qui trône sur la pièce montée et qui fondra instantanément dans la bouche d’un enfant sage tout à l’heure.
Ou ce couple de mariés en plastique qui trône sur cette autre pièce montée. Ils ont opté pour le plastique parce qu’ils ont trop souvent entendu dire « Allez jouer sous la pluie les enfants, vous n’êtes pas en sucre ! ». Ce couple plastifié qui trônera ensuite pendant des années sur le buffet de la salle à manger et déteindra au fil du temps.
Je me suis mariée un jour de mai, dans une autre vie. Je portai un tailleur pantalon rouge et monsieur le maire cherchait une mariée vêtue d’une robe blanche parmi les invités.
Je me suis mariée un jour de mai, dans une autre vie. Et j’ai repensé à ce jour-là récemment en prenant une photo des fleurs d’oignons verts semés dans mon jardin. J’ai trouvé qu’elles ressemblaient à un bouquet de mariée !
Allez savoir pourquoi !
Les chemins de la vie et de l’écriture créative sont parfois impénétrables.
Frédérique Guillaumat, heureuse co-fondatrice avec Mélissa Cadarsi, de F et M, écriture créative.
Vie qui surgit, crie puis s’insurge Tâtonne, rampe et s’élance S’infantilise, s’adolescence, s’adulte.
Vie qui travaille, gagne ou perd Consomme, cumule, déshérite Trie, pollue, recycle.
Vie qui dicte, trace, efface Tente, hésite et résiste Sauve, tue, parfois pardonne.
Vie qui grandit, vieillit, se racornit Se grippe, s’agrippe et s’effrite Se souvient, oublie, renie.
Vie qui s’éternise, se fatigue, s’épuise S’enterre ou brûle par les deux bouts Vies qui continuent.
Frédérique Guillaumat Co-fondatrice avec Mélissa Cadarsi, de F et M écriture créative.
🔸 Agitatrices de mots et de créativité, nous animons des ateliers d’écriture en ligne et en présentiel sur notre île, La Réunion. Nous publions également nos écrits sur notre blog.
🔸 Pour découvrir nos ateliers parfois gratuits, parfois payants, c’est par ici.
🔸 Envie de vous inscrire à notre newsletter pour avoir de nos nouvelles : c’est par là.
Avec lui, j’en avais déjà vu des vertes et des pas mûres mais là, c’était le bouquet !
Je pensais très fort « Ne ris pas, Edith »… puis « Ne pleure pas, Edith ! ».
Il était si fier de lui en déposant le plat sur la table et en m’annonçant qu’il n’avait pas prévu d’entrée pour que nous puissions faire honneur au plat principal. C’était bien lui ça : direct au plat principal sans préliminaires !
Devinez quoi ? Non, vous ne devinerez jamais !
Il venait de déposer sur la table un gratin de choux de Bruxelles pour « nous rappeler notre merveilleux voyage de noces en Belgique, ma chérie… ».
Et là, direct, je suis revenue à mes années d’école primaire. Vous ne le saviez peut-être pas mais les choux de Bruxelles sont une fantastique machine à remonter le temps ! J’ai à nouveau senti les choux de Bruxelles tout mous, tous fades, à la couleur douteuse et verdâtre qu’on nous servait à la cantine. De pauvres choux surnageant dans une eau tiédasse.
Ce fut mon premier haut le coeur de la Saint Valentin ! Et puis notre merveilleux voyage de noces à Bruxelles, on peut en parler ! Trois visites à sa mère en quatre jours et de la pluie du matin au soir !
Bon, fais un effort Edith, c’est quand même la Saint Valentin !
🔸 J’ai écrit ce texte lors d’un atelier d’écriture en ligne animé en février 2022 par Mélissa. Je n’avais pas prévu de mettre mes sens sans dessus dessous avec les choux de Bruxelles, souvenirs de mes repas à la cantine ! Mais c’est ça toute la magie de l’écriture créative !
Une fois arrivée, toujours cette même émotion en franchissant la porte vitrée. Toujours la même sensation en s’enfonçant dans ce silence et cette douceur des pas feutrés une fois passé le comptoir d’accueil.
Sera-t-il là du côté des lettres R et S ? Ou près du présentoir des nouveautés ?
Elle se hisse sur la pointe des pieds pour attraper un roman. Ici aussi, l’injustice reprenait ses droits avec ces livres perchés en hauteur qui seront moins souvent choisis que ceux à portée de main. Quant à ceux s’ennuyant sur l’étagère du bas, ils tentent parfois d’attirer l’attention avec une couverture plus pimpante espérant être les heureux élus d’un lecteur suffisamment curieux pour se baisser jusque-là.
Elle avait appris à oser briser le silence en laissant échapper un roman de ses mains pour le faire tomber au sol. Elle espérait attirer l’attention de celui qui viendrait s’agenouiller pour lui tendre le briseur de silence. Mais jusqu’à ce jour encore, elle avait dû se résoudre à le ramasser elle-même parfois sous le regard réprobateur d’un lecteur agacé.
Elle parcourt les allées, s’attarde entre Bel Ami et Madame de Bovary.
Elle s’est assise, là, dans la section « revues » où elle tourne les pages d’un hebdomadaire économique choisi au hasard.
Elle voit cet homme entrer. Il est chargé d’une pile de livres… elle tente d’accrocher son sourire… avant d’entendre « papa » de la voix de l’enfant qui l’accompagne. Elle replonge dans les pages insipides et entrevoit la punaise rouge pointer son nez.
Et pourtant, Violette l’a lu dans un article avant de commencer sa quête. Et pourtant, Violette sait que les statistiques le confirment : « Une femme a huit fois plus de chance de rencontrer l’homme de sa vie dans le rayon électricité d’un magasin de bricolage qu’entre deux romans attendant sagement d’être lus sur les étagères d’une médiathèque de quartier ».
D’où Violette tenait-elle ce goût à faire mentir les statistiques ?
Quatrième et dernière partie de « Violette », nouvelle écrite par Frédérique Guillaumat en 2015. Les première, deuxième et troisième parties sont à retrouver sur : notre blog.
Un grand merci à Mélissa, Géraldine et Isabelle pour leur relecture bienveillante de Violette et leurs précieux conseils.
Frédérique, animatrice d’ateliers d’écriture et co-fondatrice de F et M, écriture créative, avec Mélissa, vous invite à découvrir l’offre d’ateliers d’écriture en ligne deF et M, écriture créative, cliquer ici.