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LE VENT, celui qui ne peut être peint

Un samedi matin de septembre, mes pas m’ont guidée de la gare du Havre au MUMA, petit nom affectueux que les havrais donnent à leur Musée d’Art Moderne André Malraux.

Face à la mer, le MUMA habillé de blanc et de larges baies vitrées vient égayer les immeubles aux façades beiges et aux balcons noirs du quartier.

Ciel un peu couvert, quelques gouttes de pluie – la farine comme on dit sur mon île – et une légère brise.

Le vent, le vrai, je l’ai trouvé dès l’entrée du musée. Il s’affichait en grandes lettres noires sur une vitre : « LE VENT – Cela qui ne peut être peint – 25 juin au 2 octobre 2022 ».

Tout était dit ! Je venais admirer celui qu’on ne peut pas peindre.

Intriguée et ravie de l’être, j’ai commencé à déambuler jusqu’à ce tableau au charme un peu désuet avec son cadre aux moulures dorées.

En bas à gauche, la signature du peintre de cette huile sur toile : D. Etcheverry. Signature qui a attiré mon attention avec son écriture un peu enfantine et ce petit trait de peinture noire qui la souligne.

Je ne lis surtout pas le cartel ! Je veux imaginer.

Imaginer cette plage au sable brun bretonne ou normande.

Imaginer la saison, l’automne sans doute, à voir les vêtements que portent les personnes venues là profiter d’une dernière bolée d’air vivifiant avant les frimas de l’hiver. Chacun porte vestes, gilets comme on irait se promener dans les rues de la station balnéaire plutôt que sur la plage.

Et cette femme au centre du tableau qui semble retenir d’une main sa longue robe blanche soulevée par le vent et de l’autre main son chapeau dont le même vent aimerait s’emparer pour respirer le parfum de ses cheveux.

Le vent a déjà emporté le canotier de ce monsieur, ce parasol rouge et rose qui semble voler sur la plage et dont ne sait plus à qui il appartient. Au large, il bouscule les nuages.

Ce vent invisible dont je ressens le souffle à l’abri dans ce musée à l’air aseptisé par la climatisation.

Le vent, celui que l’artiste ne peut pas peindre, et qui est pourtant bien là.

Je le vois Denis, le peintre, s’accrocher à sa toile. Il tente de retenir ses pinceaux s’envolant les uns après les autres. Le brun du sable, le rose du parasol, le gris des nuages… Il ne lui reste en main que le blanc pour achever de peindre le chapeau de la femme avant qu’il ne s’envole lui aussi.

Là, devant ce tableau, dans ce musée à l’abri du bruit du monde, j’aimerais soudain être emportée par un vent facétieux.

J’en oublie de lire le cartel qui m’aurait raconté que cette huile sur toile « Coup de vent à Trouville » de Denis Etcheverry a été peinte avant 1907. J’aurais aimé cette imprécision. Comme si le vent avait aussi balayé les années de la vie du peintre.

Je repense souvent à cette œuvre, à ce qu’on ne peut pas peindre et qui est pourtant si présent. A ces mots qu’on ne peut pas écrire parfois et qui sont si pesants.

Ce samedi de septembre 2022, je n’ai eu qu’un regret en quittant le musée. Que la météo soit trop clémente. Que le vent ne se déchaine pas sur les plages et dans les rues du Havre.

Frédérique Guillaumat

Texte écrit lors de l’atelier d’écriture « Ecrire l’art, mon musée idéale » d’Aleph Ecriture animé par Françoise Khoury.

Pour découvrir le tableau « Coup de vent à Trouville » de Denis Etcheverry, je vous invite à un détour par le musée d’Orsay.

Quand je n’anime pas d’ateliers d’écriture, j’aime participer à des ateliers pour mettre en l’air mon inspiration et développer mes compétences.

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✒️ Atelier d’écriture « Les Jolies Choses », le dimanche 12 novembre 2023. Réservez votre place sur notre site.

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🔸  Atelier en présentiel « Palabres Nouvelles », le samedi 4 novembre 2023 à Saint-Denis (La Réunion). Attention pour les habitués : changement de lieu. Les ateliers se déroulent maintenant dans le quartier du Bas de la Rivière. Informations pratiques et nouvelles modalités sur notre site.

🔸 Les ateliers, d’une durée de 2 h, sont au tarif de 20 € 🔸 6 participants maximum pour les ateliers en ligne.

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Agitatrices de mots et de créativité, Frédérique et Mélissa animent des ateliers d’écriture créative depuis plusieurs années sur leur île, à La Réunion, et en ligne via Zoom. N’hésitez pas à les rejoindre sur leur groupe privé Facebook L’Instant Plume pour retrouver leurs propositions créatives et y participer si le coeur vous en dit.

Vous pouvez suivre Frédérique sur sa page Facebook et sur les chemins de l’offre d’ateliers d’écriture créative en ligne ou en présentiel de F et M.

Pour retrouver F et M, écriture créative sur les réseaux sociaux : * Notre page Facebook – Pour nous contacter : contact@fetm-ecriturecreative.fr

📷 Photo libre de droits.

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Bonnes ondes !

Envie de savoir pourquoi Frédérique se lève à 5 h 30 presque tous les matins ?

Elle l’a raconté aux auditrices et auditeurs de France Inter, le vendredi 8 septembre. Podcast de l’émission « Déjà debout » du 8 septembre 2023 à retrouver sur le site de la Radio France.

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✒️ Atelier en ligne « Ensemble », le dimanche 8 octobre 2023. Réservez votre place sur notre site.

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🔸 Les ateliers, d’une durée de 2 h, sont au tarif de 20 € 🔸 6 participants maximum pour les ateliers en ligne.

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📷 Photo : site de Radio France.

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Il y a des cadeaux

Il y a des cadeaux faits de patience

Des cadeaux à la saveur de la créativité

Des cadeaux au goût du temps passé

Des cadeaux qui nous touchent droit au coeur

Des cadeaux à la senteur du papier jauni et de la colle

Des cadeaux qui coûtent si peu mais comptent tant

Des cadeaux dans lesquels les amitiés éternelles aiment à se glisser entre chaque page

Des cadeaux qui nous laissent sans voix

Des cadeaux que l’on conservera précieusement… toujours

Des cadeaux précieux tout simplement.

Merci à Géraldine, amie précieuse, pour son cadeau.

Frédérique Guillaumat, heureuse co-fondatrice avec Mélissa Cadarsi, de F et M, écriture créative.

Merci de m’avoir lue. Je vous invite à me suivre sur les chemins de notre offre d’ateliers d’écriture créative en ligne ou en présentiel.

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📷 Photo : Frédérique Guillaumat

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Oignons verts et mariage

Sur les chemins de la vie, le mariage.

Le mariage et son bouquet que la mariée jette aux invitées.

Certaines se précipitent pour le récupérer et, comme le veut la tradition, se marier dans l’année.

Certaines cachent leurs mains derrière leur dos pour ne pas céder à la tentation.

Certaines sont déjà loin, près du buffet une coupe de champagne à la main.

Le mariage dont on rêve ou pas.

Le mariage que l’on fait ou pas.

Le mariage qu’on prépare pendant des mois ou pas.

Le mariage pour lequel on s’endette ou pas.

Le mariage auquel on sera témoin ou pas.

Le mariage ou les mariages de sa vie, ou pas.

Et ce couple de mariés en sucre qui trône sur la pièce montée et qui fondra instantanément dans la bouche d’un enfant sage tout à l’heure.

Ou ce couple de mariés en plastique qui trône sur cette autre pièce montée. Ils ont opté pour le plastique parce qu’ils ont trop souvent entendu dire « Allez jouer sous la pluie les enfants, vous n’êtes pas en sucre ! ». Ce couple plastifié qui trônera ensuite pendant des années sur le buffet de la salle à manger et déteindra au fil du temps.

Je me suis mariée un jour de mai, dans une autre vie. Je portai un tailleur pantalon rouge et monsieur le maire cherchait une mariée vêtue d’une robe blanche parmi les invités.

Je me suis mariée un jour de mai, dans une autre vie. Et j’ai repensé à ce jour-là récemment en prenant une photo des fleurs d’oignons verts semés dans mon jardin. J’ai trouvé qu’elles ressemblaient à un bouquet de mariée !

Allez savoir pourquoi !

Les chemins de la vie et de l’écriture créative sont parfois impénétrables.

Frédérique Guillaumat, heureuse co-fondatrice avec Mélissa Cadarsi, de F et M, écriture créative.

Merci de m’avoir suivie jusqu’ici et d’avoir lu mes élucubrations teintées de fleurs d’oignons verts. Si vous avez envie de continuer la balade, suivez-moi sur les chemins de notre offre d’ateliers d’écriture créative en ligne ou en présentiel.

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📷 Photo : Frédérique Guillaumat dans son jardin à La Réunion.

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Explorer

Poème collectif écrit pendant un atelier d’écriture créative

Explorer un fjord en été puis un grain de sable délavé.

Explorer l’immensité des étoiles, allongée dans l’herbe glacée puis les étincelles dans les yeux des enfants avides d’astronomie et de mythes anciens.

Explorer l’immensité du ciel puis la fourmi très occupée à transporter un morceau d’herbe jaunie.

Explorer les steppes lointaines puis le petit trèfle à quatre feuilles qui me sourit au jardin.

Explorer un dictionnaire très épais puis la signification du mot joie.

Explorer l’insondable amour pour son enfant, né en même temps que lui puis chaque seconde de la vie passée à ses côtés.

Explorer l’horizon en bord de mer puis une minuscule étoile de mer gisant dans un trou d’eau.

Explorer le champ des possibles puis le pépin lisse et doux de cette orange péi.

Explorer un séquoia géant puis la petite parcelle de mousse sous le caillou vibrant.

Explorer la beauté du monde puis dessiner du bout du doigt les motifs d’un pétale d’orchidée.

Explorer la cime du cyprès ondulant puis une goutte de rosée déposée sur une herbe folle.

Explorer le musée du Louvre une nuit de clair de Lune puis l’iris de l’œil de Mona Lisa.

Explorer le bout du monde puis les recoins oubliés de son cœur.

Carole, Danielle, Mélissa et Frédérique.

Poème écrit, ensemble, lors de l’atelier d’écriture créative F et M « Eplorer » animé par Frédérique en août 2022.

🔸 Découvrez notre offre d’ateliers en ligne et en présentiel – à La Réunion.

🔸 Retrouvez nos écrits sur notre blog.

Frédérique Guillaumat, co-fondatrice avec Mélissa Cadarsi, de F et M, écriture créative.

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Au fil du temps…

Vie qui surgit, crie puis s’insurge
Tâtonne, rampe et s’élance
S’infantilise, s’adolescence, s’adulte.

Vie qui travaille, gagne ou perd
Consomme, cumule, déshérite
Trie, pollue, recycle.

Vie qui dicte, trace, efface
Tente, hésite et résiste
Sauve, tue, parfois pardonne.

Vie qui grandit, vieillit, se racornit
Se grippe, s’agrippe et s’effrite
Se souvient, oublie, renie.

Vie qui s’éternise, se fatigue, s’épuise
S’enterre ou brûle par les deux bouts
Vies qui continuent.

Frédérique Guillaumat
Co-fondatrice avec Mélissa Cadarsi, de F et M écriture créative.

🔸 Agitatrices de mots et de créativité, nous animons des ateliers d’écriture en ligne et en présentiel sur notre île, La Réunion. Nous publions également nos écrits sur notre blog.

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Saint Valentin : haut les coeurs !

Avec lui, j’en avais déjà vu des vertes et des pas mûres mais là, c’était le bouquet !

Je pensais très fort « Ne ris pas, Edith »… puis « Ne pleure pas, Edith ! ».

Il était si fier de lui en déposant le plat sur la table et en m’annonçant qu’il n’avait pas prévu d’entrée pour que nous puissions faire honneur au plat principal. C’était bien lui ça : direct au plat principal sans préliminaires !

Devinez quoi ? Non, vous ne devinerez jamais !

Il venait de déposer sur la table un gratin de choux de Bruxelles pour « nous rappeler notre merveilleux voyage de noces en Belgique, ma chérie… ».

Et là, direct, je suis revenue à mes années d’école primaire. Vous ne le saviez peut-être pas mais les choux de Bruxelles sont une fantastique machine à remonter le temps ! J’ai à nouveau senti les choux de Bruxelles tout mous, tous fades, à la couleur douteuse et verdâtre qu’on nous servait à la cantine. De pauvres choux surnageant dans une eau tiédasse.

Ce fut mon premier haut le coeur de la Saint Valentin ! Et puis notre merveilleux voyage de noces à Bruxelles, on peut en parler ! Trois visites à sa mère en quatre jours et de la pluie du matin au soir !

Bon, fais un effort Edith, c’est quand même la Saint Valentin !

🔸 J’ai écrit ce texte lors d’un atelier d’écriture en ligne animé en février 2022 par Mélissa. Je n’avais pas prévu de mettre mes sens sans dessus dessous avec les choux de Bruxelles, souvenirs de mes repas à la cantine ! Mais c’est ça toute la magie de l’écriture créative !

🔸 Si comme moi, vous avez envie d’agiter les mots et votre créativité, découvrez nos ateliers d’écriture en ligne et en présentiel à La Réunion.

Frédérique Guillaumat, co-fondatrice avec Mélissa Cadarsi, de F et M, écriture créative.

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Violette – 4/4

L’endroit n’était jamais bien loin de la gare.

Une fois arrivée, toujours cette même émotion en franchissant la porte vitrée. Toujours la même sensation en s’enfonçant dans ce silence et cette douceur des pas feutrés une fois passé le comptoir d’accueil.

Sera-t-il là du côté des lettres R et S ? Ou près du présentoir des nouveautés ?

Elle se hisse sur la pointe des pieds pour attraper un roman. Ici aussi, l’injustice reprenait ses droits avec ces livres perchés en hauteur qui seront moins souvent choisis que ceux à portée de main. Quant à ceux s’ennuyant sur l’étagère du bas, ils tentent parfois d’attirer l’attention avec une couverture plus pimpante espérant être les heureux élus d’un lecteur suffisamment curieux pour se baisser jusque-là.

Elle avait appris à oser briser le silence en laissant échapper un roman de ses mains pour le faire tomber au sol. Elle espérait attirer l’attention de celui qui viendrait s’agenouiller pour lui tendre le briseur de silence. Mais jusqu’à ce jour encore, elle avait dû se résoudre à le ramasser elle-même parfois sous le regard réprobateur d’un lecteur agacé.

Elle parcourt les allées, s’attarde entre Bel Ami et Madame de Bovary.

Elle s’est assise, là, dans la section « revues » où elle tourne les pages d’un hebdomadaire économique choisi au hasard. 

Elle voit cet homme entrer. Il est chargé d’une pile de livres… elle tente d’accrocher son sourire… avant d’entendre « papa » de la voix de l’enfant qui l’accompagne. Elle replonge dans les pages insipides et entrevoit la punaise rouge pointer son nez.

Et pourtant, Violette l’a lu dans un article avant de commencer sa quête. Et pourtant, Violette sait que les statistiques le confirment : « Une femme a huit fois plus de chance de rencontrer l’homme de sa vie dans le rayon électricité d’un magasin de bricolage qu’entre deux romans attendant sagement d’être lus sur les étagères d’une médiathèque de quartier ».

D’où Violette tenait-elle ce goût à faire mentir les statistiques ?

Quatrième et dernière partie de « Violette », nouvelle écrite par Frédérique Guillaumat en 2015. Les première, deuxième et troisième parties sont à retrouver sur : notre blog.

Un grand merci à Mélissa, Géraldine et Isabelle pour leur relecture bienveillante de Violette et leurs précieux conseils.

Frédérique, animatrice d’ateliers d’écriture et co-fondatrice de F et M, écriture créative, avec Mélissa, vous invite à découvrir l’offre d’ateliers d’écriture en ligne de F et M, écriture créative, cliquer ici.

*photo libre de droits @Pixabay

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Violette – 3/4

Ce jour-là, elle quittait ses murs, ses chiffres, son cahier et ses quatre couleurs. Les premières fois, elle avait fait les trajets à pieds. Depuis quelques temps, elle devait surmonter sa crainte des trains.

Le bruit des gares l’effrayait.

Sa maman disait que ce dégoût pour les « choses » ferroviaires lui venait de son arrière-grand-père, chef de gare, happé par un train soixante-quinze ans plus tôt sur un quai.

Elle n’aimait pas ces trains impatients, impitoyables au point de partir alors qu’un passager court encore au bout du quai.

Elle supportait difficilement ces annonces répétant inlassablement des chiffres : numéros de quai, de train, horaires, retards…

Assise dans une voiture toujours en couloir dans le sens de la marche, elle devait parfois subir des humeurs, des moments de vie avec ces anonymes.

 « Allô, Papa ? »… émotion, fierté, inquiétude dans la voix… « Mélo est à la maternité. J’ai obtenu une permission de huit jours. Je suis dans le train. A la gare, je prends un taxi et je la rejoins. … Oui, je serai là-bas à temps … Oui, j’ai appelé Maman tout à l’heure … Oui, je te donne des nouvelles ».

Après l’appel qu’il vient de passer depuis son téléphone portable, chaque passager de la voiture douze du train soixante-seize mille deux cent huit a partagé l’intimité de cet homme bientôt papa. 

 « Nous arrivons dans quelques instants en gare de Toulouse. Avant de descendre de ce train, veillez à ne rien oublier à votre place… ».

Ni sac, ni valise, ni le chemin de la quête… ne rien oublier.

Troisième partie de « Violette », nouvelle écrite par Frédérique Guillaumat en 2015. Les première et deuxième parties sont à retrouver sur : notre blog.

Un grand merci à Mélissa, Géraldine et Isabelle pour leur relecture bienveillante de Violette et leurs précieux conseils.

Frédérique, animatrice d’ateliers d’écriture et co-fondatrice de F et M, écriture créative, avec Mélissa, vous invite à découvrir l’offre d’ateliers d’écriture en ligne de F et M, écriture créative, cliquer ici.

*photo : Francis Beddok, gare de Bordeaux en 2016. Les photos de Francis Beddok, ami et photographe amateur, sont à retrouver sur son blog ou sa page Facebook.

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Hier soir, j’ai mangé des oeufs à la coque…

Hier soir, sur notre terrasse, dans la tiédeur des soirées de notre été austral, mon compagnon et moi avons mangé des oeufs à la coque accompagnés de mouillettes de pain tartinées de beurre salé.

Vous me direz sans doute que c’est un dîner plutôt ordinaire. Mais, pour moi, les oeufs à la coque ont avant tout la saveur de l’enfance.

Je me souviens des coquetiers dépareillés rangés dans le tiroir du buffet chez mes parents. Quelle joie que de mettre le couvert ces jours-là et de choisir mon coquetier ! Mon préféré était orné d’un poussin jaune qui portait un chapeau rose. Je le déposais délicatement dans mon assiette à côté de ma serviette de table, celle à carreaux bleus et blancs.

Je me souviens de mes soeurs et moi qui nous précipitions pour griller le pain, couper les mouillettes et les tartiner de beurre doux ou salé selon les goûts.

Je me souviens que je n’arrivais pas à résister à la tentation de déguster une ou deux mouillettes avant le repas.

Je me souviens de ce sablier en bois foncé qui décomptait le temps de la cuisson des oeufs ! Ce sable qui coulait trop lentement à notre goût… et les trois minutes (et pas une seconde de plus) qui nous semblaient une éternité tant nous avions hâte de tremper nos mouillettes ! Ce sable blanc et fin qui me faisait voyager en m’évoquant des plages paradisiaques.

Je me souviens du parfum de tendresse familiale de ces repas simples mais ô combien précieux.

🔸J’ai écrit ce texte ce matin grâce à mes oeufs à la coque d’hier soir qui m’ont ramenée en enfance et parce que j’aime déposer mes souvenirs sur du papier ou un clavier. J’ai choisi « Je me souviens » de Georges Pérec* pour m’inspirer.

🔸 Si comme moi, vous avez envie d’évoquer et d’écrire vos souvenirs, je vous propose d’être votre guide durant les ateliers autobiographiques en ligne que j’animerai à partir d’avril 2022. Animatrice d’ateliers d’écriture certifiée et expérimentée, je vous invite à découvrir mon offre d’ateliers par ici : Cycle ateliers autobiographiques « Collection de souvenirs ».

🔸 Si vous avez des questions sur le déroulement de ces ateliers, n’hésitez pas à me les poser en commentaire de cette publication et j’aurais plaisir à vous répondre.

Frédérique Guillaumat, co-fondatrice avec Mélissa Cadarsi, de F et M, écriture créative.

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📷 Frédérique Guillaumat, oeufs à la coque un soir d’été austral.

* « Je me souviens » est un recueil de brides de souvenirs, de Georges Perec publié en 1978 aux éditions Hachette.